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Survivre et Vivre + Décroiscience : rencontre avec Céliné Pessis et Nicolas Chevassus-au-Louis

Thèmes :
Lutte des classes, travail et internationalisme Lutte pour la protection de l’environnement, écologie

Type d'événement :
Réunion publique

Quand ?

Cet événement est passé
Mardi 25 novembre 2025 à 20h00,

Où ?
Librairie Quilombo
23 Rue Voltaire 75011 Paris

Céline Pessis et Nicolas Chevassus-au-Louis présenteront "Survivre et vivre. Alexandre Grothendieck, objecteurs de recherche et révolution écologique" (Éditions L’échappée) & "Décroiscience" (Éditions Agone).

"Survivre et vivre"

Survivre et vivre, fondé par Grothendieck, a remis en cause les bienfaits du développement technoscientifique. Dans l’après-68, ce mouvement de scientifiques critiques rassemblés autour du mathématicien Alexandre Grothendieck dénonce la militarisation de la recherche et l’orientation mortifère du développement technoscientifique. Rapidement devenus les fers de lance d’une fronde antiscientiste, ces « objecteurs de recherche » ont créé un « laboratoire idéologique de la révolution écologique » dont ce livre raconte l’histoire tout en constituant une anthologie d’articles de leur revue.

"Décroiscience"

« En 1972 déjà, le mathématicien Alexandre Grothendieck, unanimement reconnu comme un des plus importants de l’histoire, écrivait : "Je ne veux pas dire que la seule cause de tous les maux, de tous les dangers [qui pèsent sur planète], ce soit la science. Mais en l’état actuel, la science joue un rôle important."

Ce constat n’a rien perdu de sa pertinence. Ni son interrogation : Allons-nous continuer la recherche scientifique ? La même année, à la question "Quelles sont les limites à la croissance économique ?", les auteurs du rapport Meadows répondaient : les ressources de la planète étant finies, comment peut-on diable imaginer une croissance sans fin ?

Plus d’un demi-siècle après, l’activité scientifique est principalement au service de la croissance économique. Visant à produire brevets, innovations et algorithmes, elle participe au problème plus qu’à la solution. Dès lors, ne faut-il pas plutôt envisager une "décroiscience" ? Une diminution volontaire et maîtrisée de la recherche scientifique. La question agace. Mais elle mérite d’être posée.

Aux prêtres de la religion scientifique qui voient dans la science la solution à tous les problèmes (qu’elle a souvent engendrés), ses critiques les plus radicaux répondent par l’arrêt de toute recherche scientifique. Évitant ces deux écueils, l’auteur de ce livre, épris de rationalité et amoureux des sciences, analyse les dysfonctionnements de la recherche, sa soumission aux diktats du capitalisme et des politiques de puissance. Contre la prééminence du quantitatif sur le qualitatif, il en appelle à remettre de la démocratie dans les décisions, les programmes, les finalités. Brider les sciences, car une conclusion s’impose : « Pas de décroissance sans décroiscience.

En réponse à l’urgence climatique, on assiste à d’intéressantes reconversions professionnelles. Ainsi un physicochimiste travaille désormais sur la boulangerie solaire, un spécialiste des nanotechnologies sur la sidérurgie solaire, une paléoclimatologue se reconvertit dans l’anthropologie des peuples arctiques, et un neurobiologiste du CNRS dans l’écologie politique. Un astrophysicien travaille désormais sur les problématiques socio-environnementales et un mathématicien explique que « ­face à l’extrême urgence de l’anéantissement biologique global, du dérèglement climatique, de la dérive ontologique de la civilisation occidentale et de l’effet catalytique du monde numérique dans cette destruction planétaire, [il s]’intéresse au démantèlement numérique ». Ou encore, un « groupe Grothendieck », constitué « d’étudiant·e·s, de démissionnaires de l’Université, de non experts experts de leur vie, de jardiniers utopistes et de fouineurs d’information », dénonce la collusion entre les recherches et les intérêts militaires. Ces points d’appui permettent d’esquisser ce que pourrait être une recherche au service de la décroissance.