"Roman noir et luttes sociales" - Rencontre avec Sybila Guéneau
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"name": "\"Roman noir et luttes sociales\" - Rencontre avec Sybila Gu\u00e9neau" ,
"description": "https:\/\/www.agendamilitant.org\/Roman-noir-et-luttes-sociales-Rencontre-avec-Sybila-Gueneau-7857.html \n\nSybila Gu\u00e9neau pr\u00e9sentera \"Roman noir et luttes sociales\" (\u00c9ditions Agone, \u00e0 para\u00eetre le 7 mai 2026). \n\n« Le roman n\u00e9o-polar ne doit rien cacher de la violence, de l'outrance et de la perversit\u00e9 de l'\u00e9poque. Il est revendiqu\u00e9 comme un \"mauvais genre\", d\u00e9veloppant une esth\u00e9tique du sordide et du cynique au service d'une critique radicale de la soci\u00e9t\u00e9. \u00c0 la fois violent, satirique, nihiliste, novateur, ironique, troublant, naus\u00e9eux et r\u00e9solument critique, le n\u00e9o-polar repr\u00e9sente une rupture au sein du paysage litt\u00e9raire litt\u00e9rature. \n\nM\u00eame s'il fut plus punk que gauchiste, plus noir que rouge, plus nihiliste que progressiste, le n\u00e9o-polar aura invent\u00e9 de nouvelles mani\u00e8res d'exprimer le d\u00e9go\u00fbt d'une soci\u00e9t\u00e9 en d\u00e9liquescence en rejetant l'h\u00e9donisme consum\u00e9riste des ann\u00e9es 1980. Ses auteurs auront rappel\u00e9 que le roman policier peut servir \u00e0 sonder les tourments et les tumultes du monde, et \u00e0 les entrevoir avec plus de clart\u00e9. Si le n\u00e9o-polar est aujourd'hui quelque peu oubli\u00e9, c'est peut-\u00eatre parce que, dans ses pages, la litt\u00e9rature noire ne se r\u00e9duit pas \u00e0 un divertissement transgressif : elle est la souffrance d'une soci\u00e9t\u00e9 qu'il aurait fallu changer. » \n\nDerri\u00e8re l'appellation de « n\u00e9o-polar » se cache toute la dimension sociale de ce mouvement : bas\u00e9 sur le quotidien, sur la question du « pourquoi on tue » plut\u00f4t que du « comment on tue », les livres de ce mouvement ont d\u00e9plac\u00e9 le curseur : l'engagement politique de leurs auteurs et autrices est indissociable de leurs \u00e9critures. \n\nPourquoi n\u00e9o ? Parce qu'il s'agit de rompre avec les codes du roman noir « classique » (structure d'enqu\u00eate, personnage de d\u00e9tective, r\u00e9solution finale, st\u00e9r\u00e9otypes, etc.), et de porter sur la soci\u00e9t\u00e9 un regard critique marqu\u00e9 par les id\u00e9ologies d'extr\u00eame gauche. \n\nNous sommes juste apr\u00e8s Mai 68 et le n\u00e9o-polar va s'inscrire dans une tradition de r\u00e9alisme critique : il s'agit d'exposer, par la fiction criminelle, les parts d'ombre de la soci\u00e9t\u00e9 et sa violence. En outre, digne h\u00e9ritier de son temps, ce mouvement brouille la limite entre « populaire » et « l\u00e9gitime ».\n\nMais alors, le n\u00e9o-polar : un roman noir de gauche ? Pour d\u00e9passer cette d\u00e9finition simpliste, Sybila Gu\u00e9neau parle de « politique du d\u00e9sespoir. » En effet, ses auteurs mettent un point d'honneur \u00e0 se distancier d'une gauche qui aurait trahi et dont ils ne manquent pas de faire une critique acerbe. \u00c0 ce titre, le n\u00e9o-polar est bien une politique du d\u00e9sespoir et une po\u00e9tique de l'\u00e9chec. \n\nL'autrice ne se cantonne pas \u00e0 l'\u00e9poque : en prenant en compte les implications actuelles de son \u00e9tude, elle la conclut en comparant le n\u00e9o-polar au polar fran\u00e7ais contemporain. Les auteurs du second rejettent l'influence du premier et son gauchisme. Et s'ils continuent d'exploiter les repr\u00e9sentations de la violence et des corps, c'est surtout la mise \u00e0 distance de tout engagement politique qui caract\u00e9rise les auteurs contemporains. Voir aussi librairie Quilombo Voir aussi \u00c9ditions Agone " ,
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Thèmes :
Éducation populaire
Autre
Type d'événement :
Réunion publique
Quand ?
Le 13 mai à 20h,
Où ?
Librairie Quilombo
23 Rue Voltaire 75011 Paris
Sybila Guéneau présentera "Roman noir et luttes sociales" (Éditions Agone, à paraître le 7 mai 2026).
« Le roman néo-polar ne doit rien cacher de la violence, de l’outrance et de la perversité de l’époque. Il est revendiqué comme un "mauvais genre", développant une esthétique du sordide et du cynique au service d’une critique radicale de la société. À la fois violent, satirique, nihiliste, novateur, ironique, troublant, nauséeux et résolument critique, le néo-polar représente une rupture au sein du paysage littéraire littérature.
Même s’il fut plus punk que gauchiste, plus noir que rouge, plus nihiliste que progressiste, le néo-polar aura inventé de nouvelles manières d’exprimer le dégoût d’une société en déliquescence en rejetant l’hédonisme consumériste des années 1980. Ses auteurs auront rappelé que le roman policier peut servir à sonder les tourments et les tumultes du monde, et à les entrevoir avec plus de clarté. Si le néo-polar est aujourd’hui quelque peu oublié, c’est peut-être parce que, dans ses pages, la littérature noire ne se réduit pas à un divertissement transgressif : elle est la souffrance d’une société qu’il aurait fallu changer. »
Derrière l’appellation de « néo-polar » se cache toute la dimension sociale de ce mouvement : basé sur le quotidien, sur la question du « pourquoi on tue » plutôt que du « comment on tue », les livres de ce mouvement ont déplacé le curseur : l’engagement politique de leurs auteurs et autrices est indissociable de leurs écritures.
Pourquoi néo ? Parce qu’il s’agit de rompre avec les codes du roman noir « classique » (structure d’enquête, personnage de détective, résolution finale, stéréotypes, etc.), et de porter sur la société un regard critique marqué par les idéologies d’extrême gauche.
Nous sommes juste après Mai 68 et le néo-polar va s’inscrire dans une tradition de réalisme critique : il s’agit d’exposer, par la fiction criminelle, les parts d’ombre de la société et sa violence. En outre, digne héritier de son temps, ce mouvement brouille la limite entre « populaire » et « légitime ».
Mais alors, le néo-polar : un roman noir de gauche ? Pour dépasser cette définition simpliste, Sybila Guéneau parle de « politique du désespoir. » En effet, ses auteurs mettent un point d’honneur à se distancier d’une gauche qui aurait trahi et dont ils ne manquent pas de faire une critique acerbe. À ce titre, le néo-polar est bien une politique du désespoir et une poétique de l’échec.
L’autrice ne se cantonne pas à l’époque : en prenant en compte les implications actuelles de son étude, elle la conclut en comparant le néo-polar au polar français contemporain. Les auteurs du second rejettent l’influence du premier et son gauchisme. Et s’ils continuent d’exploiter les représentations de la violence et des corps, c’est surtout la mise à distance de tout engagement politique qui caractérise les auteurs contemporains.