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Réunion publique - Au CRA de Vincennes, la police mutile, la police assassine

Thèmes :
Lutte des migrant·es et sans-papiers, antiracisme politique, décolonisation

Type d'événement :
Réunion publique

Quand ?

Cet événement est passé
Jeudi 8 juin 2023 à 18h30,

Où ?
Place de la Réunion
Place de la Réunion 75020 Paris

#ÀBasLesCRA

Vendredi 26 mai, un retenu du CRA de Vincennes, a été retrouvé mort au petit matin par son compagnon de cellule. Il s’était fait tabasser la veille et l’avant veille par une quinzaine de flics selon ses proches. "Cela faisait une semaine qu’il était malade, qu’il demandait à aller à l’hôpital. L’infirmerie refusait et lui disait juste de prendre des dolipranes. Ici c’est comme ça. T’es jamais bien soigné. Pour voir un médecin, t’es obligé de gueuler, de te mettre en grève de la faim", explique un retenu. "Les keufs l’ont tapé, tapé. Ils l’ont mis à l’isolement et là tu sais comment ça se passe. Il n’y a pas de caméra et les flics te frappent, te frappent...", poursuit-il.

Les flics l’ont ensuite ramené dans sa chambre jeudi. "Le soir, il avait du mal à respirer. Il me disait qu’il allait mourir. Il avait du mal à manger car ils lui ont cassé des dents. J’ai été à l’infirmerie pour lui, mais ils ne se sont pas déplacés, ils n’ont pas voulu venir le voir. Cela faisait un mois que je le connaissais, on s’entendait bien", raconte un autre retenu du CRA.

Le vendredi matin, les pompiers, dont l’accès au CRA est régulièrement empêché par les flics, n’ont pas réussi à le réanimer. Les flics ont ensuite pris ses affaires et son téléphone puis répandu la rumeur, à l’intérieur, qu’il était mort d’une overdose. L’enquête a été confiée au commissariat du 12e arrondissement de Paris, dont relève le CRA de Vincennes. Samedi le parquet de Paris indiquait que l’autopsie concluait à "une cause naturelle ou toxique".

"Ils vont tout faire pour faire croire que c’est pas à cause d’eux. Mais nous on sait ce qui s’est passé", dénonçait vendredi un autre retenu. Dès le lendemain, un proche de M. a été scotché et expulsé de force vers son pays d’origine.

La famille n’a nullement été informée de la mort de M. ni par la police, ni par l’administration du CRA. Ce sont des retenus proches de M. qui ont averti sa famille et pris contact avec le consulat. Pour le moment, le lieu où repose le corps n’a pas été révélé et l’accès au corps n’est toujours pas possible.

Quant à l’Assfam (liée au Groupe SOS), l’association payée par l’État pour assurer un semblant d’accès au droit et justifier ses pratiques d’enfermement, elle nous a d’abord caché le décès en n’étant comme d’hab’"au courant de rien". Même rengaine du côté de l’infirmerie du CRA, à qui nous avons régulièrement affaire pour de nombreux refus d’accès aux soins et de violences médicales.

La nouvelle de cette mort s’est rapidement propagée dans tout le CRA. Après ceux du bâtiment 1, les retenus des bâtiments 2A et 2B se sont remis en grève de la faim et des affrontements ont eu lieu avec les keufs, faisant plusieurs blessés parmi les retenus.

Depuis, les flics mettent une grosse pression : ils fouillent en permanence les cellules, menacent les retenus qui osent parler de ce qu’il s’est passé et en ont tabassé plusieurs qui accusaient la police de la mort de M.
Des retenus ont tenté de déposer plainte pour dénoncer les violences policières, mais tout est fait pour les en empêcher. Impossible de se rendre à l’infirmerie, ou alors plusieurs jours après les faits, or plus le temps passe moins les traces de coups sont visibles. À cela s’ajoute le refus du médecin de faire un certificat médical concordant, le peu d’entrain de l’Assfam pour enregistrer la plainte et mettre en lien les retenus avec des avocats... C’est la loi du silence et de la terreur.

Pendant ce temps, la vie des retenus reste en danger : mercredi soir nous avons été informés par des personnes enfermées au 2b qu’un retenu a perdu connaissance après avoir pris un traitement donné par l’infirmerie du CRA. Il est toujours à l’hôpital et les retenus demeurent sans nouvelles de lui.

A l’extérieur plusieurs actions en solidarité ont eu lieu : rassemblements le long des bâtiments afin de donner de la force aux personnes enfermées ; manif nassée dimanche mais durant laquelle les retenus ont manifesté aussi dans la cour avant d’être reprimés à coups de matraques et gaz ; banderole accrochée au pont de l’autouroute à côté du CRA ; feux d’artifice ; parloirs sauvages... Des tags "Vengeance pour M, tué par les flics au CRA de Vincennes", "CRA Assassin", "Vincennes - Plaisir, CRA en feu, keufs au milieu" ont aussi fleuri autour du CRA de Vincennes et de celui de Plaisir.

Ce n’est pas le premier mort en CRA, et il y en aura d’autres tant que les CRA existeront. Tous les jours les retenu·es en CRA subissent la violence de l’enfermement et le stress d’une probable expulsion. Tous les jours, ils et elles subissent le racisme et les violences psychologiques, physiques et sexuelles des flics. Tous les jours ils et elles sont maltraité·es par l’équipe médicale.

Que brûlent les CRA, les frontières et la PAF avec !

Les rendez-vous :

RÉUNION PUBLIQUE POUR S’ORGANISER, LE JEUDI 8 JUIN à 18h30, place de la Réunion à Paris (75020)