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Rencontre autour du livre ’Les historiens contre la Commune’

Thèmes :
Éducation populaire

Type d'événement :
Réunion publique

Quand ?
Le 20 juin de 15h à 17h,

Où ?
CNT - nouveaux locaux
37 bis Rue des Trois Bornes, 75011, Paris, France

Rencontre avec Emmanuel BRANDELY pour échanger autour de son livre "Les historiens contre la Commune", paru aux éditions Nuits rouges. Emmanuel Brandely y critique la révision historiographique qui minimise le caractère socialiste et révolutionnaire de la Commune de Paris.

La Commune de Paris de 1871 a longtemps été interprétée comme un événement socialiste et révolutionnaire. Cependant, à l’occasion de son 150e anniversaire, une nouvelle historiographie, représentée notamment par l’historien britannique Robert Tombs et le médiatique Quentin Deluermoz, a cherché à « libérer » la Commune des « mythes marxistes », niant son contenu de classe et réduisant son rôle social et politique à des stéréotypes ou à des échecs isolés (Tombs insiste sur l’ivresse des communards et minimise l’ampleur des victimes de la Semaine sanglante).

Emmanuel Brandely, dans son ouvrage "Les historiens contre la Commune", dénonce cette révision comme une offensive idéologique qui correspond à des intérêts sociaux contemporains et qui tend à exonérer les élites et à relativiser les luttes populaires. Il critique notamment :

- La minimisation du rôle des femmes et de leur action dans la Commune, en se concentrant uniquement sur le droit de vote et en ignorant les initiatives sociales et éducatives qu’elles ont menées.
- La dilution de l’événement par certains historiens qui cherchent à présenter la Commune comme un épisode mineur ou à exonérer Thiers de la répression sanglante.
- La remise en cause des mesures socialistes mises en place, comme la limitation des salaires des dirigeants, la transformation des entreprises abandonnées en coopératives, et la redistribution des loyers, qui témoignent pourtant d’une organisation sociale et économique innovante.

Brandely oppose à cette nouvelle historiographie des travaux plus classiques et engagés, comme ceux de Jacques Rougerie, Camille Pelletan ou Michèle Audin, qui soulignent le caractère socialiste, révolutionnaire et populaire de la Commune. Son livre se veut un acte de défense de l’histoire de la Commune et de la mémoire du mouvement ouvrier, en dénonçant les partis pris idéologiques de certains historiens contemporains et en réaffirmant la dimension de classe et les aspirations sociales de l’événement.
Ainsi, "Les historiens contre la Commune" n’est pas seulement une critique de Tombs et Deluermoz, mais un plaidoyer pour une historiographie attentive aux réalités sociales et politiques de la Commune, contre la tendance à la neutralité apparente qui efface les conflits de classe et les luttes populaires.