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Rencontre autour de "Les Armes des faibles. Formes quotidiennes de la résistance paysanne", de James C. Scott
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"name": "Rencontre autour de \"Les Armes des faibles. Formes quotidiennes de la r\u00e9sistance paysanne\", de James C. Scott" ,
"description": "https:\/\/www.agendamilitant.org\/Rencontre-autour-de-Les-Armes-des-faibles-Formes-quotidiennes-de-la-resistance.html \n\nMich\u00e8le Cohen Halimi, Anne Kupiec et Olivier Ruchet pr\u00e9senteront \"Les Armes des faibles. Formes quotidiennes de la r\u00e9sistance paysanne\" de James C. Scott (\u00c9ditions Klincksieck). Traduit de l'anglais par Olivier Ruchet avec la collaboration de Christophe Jaquet\n\n\u00c0 para\u00eetre le 17 octobre 2025 \n\nL'absence de conflit ouvert ou de r\u00e9volte n'est pas n\u00e9cessairement l'expression de la soumission des domin\u00e9s \u00e0 leur condition ni de leur acquiescement \u00e0 l'ordre social en place. James C. Scott a consacr\u00e9 deux ans (1978 - 1980) d'enqu\u00eate ethnographique au sein d'un village rizicole au nord-est de la Malaisie \u00e0 observer et interroger les villageois, pauvres et ais\u00e9s, afin de comprendre les rapports de pouvoir r\u00e9gissant une soci\u00e9t\u00e9 paysanne boulevers\u00e9e par la « r\u00e9volution verte » - la m\u00e9canisation de la r\u00e9colte du riz ayant provoqu\u00e9 le doublement des rendements de la riziculture et la concentration des richesses. \n\nComment, s'interroge Scott, les villageois pauvres et marginalis\u00e9s r\u00e9pondent-ils \u00e0 ces bouleversements qui menacent leurs conditions d'existence ? Sa description minutieuse met en lumi\u00e8re un conflit de classe qui comprend un niveau \u00e9conomique et un niveau symbolique ou id\u00e9ologique. Si les paysans ais\u00e9s et les grands propri\u00e9taires jouissent de nombreux avantages, les domin\u00e9s leur opposent les « armes des faibles » pour att\u00e9nuer les effets de la domination. Relevant de la « r\u00e9sistance quotidienne », celles-ci prennent la forme de d\u00e9robades, de petits larcins, de blocages temporaires, mais aussi, sur un plan symbolique, de calomnies, de racontars, d'attribution de surnoms visant \u00e0 ternir la r\u00e9putation des riches propri\u00e9taires. \n\nScott ouvre un d\u00e9bat important sur les concepts de « fausse conscience » et d'« h\u00e9g\u00e9monie » puisqu'il avance que ces concepts ne suffisent pas \u00e0 expliquer les rapports de classe. Contrairement aux conclusions des traditions marxiste et gramscienne, Scott montre ainsi que, lorsqu'ils esquivent une part des contraintes li\u00e9es \u00e0 leur position de classe, les domin\u00e9s agissent de mani\u00e8re rationnelle, dans la pleine conscience des limites de leurs ressources politiques, \u00e9conomiques et symboliques. Les analyses d\u00e9velopp\u00e9es dans \"Les Armes des faibles\" pr\u00e9figurent les travaux ult\u00e9rieurs de Scott. Voir aussi librairie Quilombo Voir aussi Klincksieck " ,
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Thèmes :
Lutte des classes, travail et internationalisme
Lutte pour la protection de l’environnement, écologie
Type d'événement :
Réunion publique
Quand ?
Cet événement est passé
Jeudi 23 octobre 2025 à 20h00,
Où ?
Librairie Quilombo
23 Rue Voltaire 75011 Paris
Michèle Cohen Halimi, Anne Kupiec et Olivier Ruchet présenteront "Les Armes des faibles. Formes quotidiennes de la résistance paysanne" de James C. Scott (Éditions Klincksieck). Traduit de l’anglais par Olivier Ruchet avec la collaboration de Christophe Jaquet
À paraître le 17 octobre 2025
L’absence de conflit ouvert ou de révolte n’est pas nécessairement l’expression de la soumission des dominés à leur condition ni de leur acquiescement à l’ordre social en place. James C. Scott a consacré deux ans (1978 - 1980) d’enquête ethnographique au sein d’un village rizicole au nord-est de la Malaisie à observer et interroger les villageois, pauvres et aisés, afin de comprendre les rapports de pouvoir régissant une société paysanne bouleversée par la « révolution verte » - la mécanisation de la récolte du riz ayant provoqué le doublement des rendements de la riziculture et la concentration des richesses.
Comment, s’interroge Scott, les villageois pauvres et marginalisés répondent-ils à ces bouleversements qui menacent leurs conditions d’existence ? Sa description minutieuse met en lumière un conflit de classe qui comprend un niveau économique et un niveau symbolique ou idéologique. Si les paysans aisés et les grands propriétaires jouissent de nombreux avantages, les dominés leur opposent les « armes des faibles » pour atténuer les effets de la domination. Relevant de la « résistance quotidienne », celles-ci prennent la forme de dérobades, de petits larcins, de blocages temporaires, mais aussi, sur un plan symbolique, de calomnies, de racontars, d’attribution de surnoms visant à ternir la réputation des riches propriétaires.
Scott ouvre un débat important sur les concepts de « fausse conscience » et d’« hégémonie » puisqu’il avance que ces concepts ne suffisent pas à expliquer les rapports de classe. Contrairement aux conclusions des traditions marxiste et gramscienne, Scott montre ainsi que, lorsqu’ils esquivent une part des contraintes liées à leur position de classe, les dominés agissent de manière rationnelle, dans la pleine conscience des limites de leurs ressources politiques, économiques et symboliques. Les analyses développées dans "Les Armes des faibles" préfigurent les travaux ultérieurs de Scott.