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Rassemblement pour la paix au Soudan

Thèmes :
Lutte des classes, travail et internationalisme Lutte des migrant·es et sans-papiers, antiracisme politique, décolonisation

Type d'événement :
Rassemblement

Quand ?

Cet événement est passé
Samedi 14 février de 14h00 à 18h00,

Où ?
Place de la République
75011 Paris

#PaixPourLeSoudan #justice #solidarité

APPEL À RASSEMBLEMENT (par Sound of Sudan)
POUR LA PAIX AU SOUDAN,
ET POUR TOUS LES PEUPLES AFFECTÉS PAR LA GUERRE

POUR UN ACCUEIL DIGNE DES RÉFUGIÉ.ES ET MIGRANT.ES

Depuis avril 2023, le Soudan est le théâtre d’une guerre atroce opposant deux forces armées rivales, provoquant la mort et la destruction au sein de la société civile. Des millions de personnes sont forcées au déplacement et à la migration, s’exposant à de nouvelles violences et des violations de leurs droits fondamentaux.

La communauté internationale reste défaillante face à cette double crise. Elle refuse de prendre des positions qui permettraient d’oeuvrer pour une paix juste et durable pour le Soudan. Parallèlement, elle réserve aux réfugiés soudanais arrivant en Europe un traitement inhumain et injuste.

Les faits, et quelques chiffres :

Au Soudan :

 Plus de 1000 jours de guerre. Le conflit oppose l’armée nationale (Forces armées soudanaises), dirigée par le général et de facto chef d’État Abdel Fattah Al-Burhan, aux milices des Forces de soutien rapide (FSR), commandées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti. Anciens alliés lors du coup d’État ayant mis fin au gouvernement de transition, civil, issu de la révolution de 2019, ils s’affrontent aujourd’hui avec une violence extrême.

 La révolution de 2019, réclamant « liberté, paix et justice », avait réussi à mettre fin à trente ans de
régime dictatorial à connotation islamiste sous Omar Al-Bachir. Le pouvoir a lui-même eu recours à
Hemedti et à ses milices (Janjaweed, devenues ensuite FSR), pour écraser les mouvements contestataires dans des régions marginalisées, puis dans la répression violente de la révolution pacifique. Des centaines de personnes, parmi lesquelles des travailleurs, étudiants, femmes et jeunes, ont été tuées ou emprisonnées pour leur engagement.

 Hemedti avait déjà obtenu reconnaissance et financements, lorsque l’Union européenne, en coopération avec le gouvernement soudanais, mettait en place le « processus de Khartoum » (2014), lors duquel ses milices ont été désignées comme force de contrôle des frontières pour empêcher les flux migratoires vers l’Afrique du Nord et l’Europe.

Bilan humain :

 Au moins 200 000 morts. 60 000 personnes mortes ou disparues seulement lors de la prise d’Al Fasher, en octobre 2025, par les FSR. La population est confrontée aux violences, aux viols, aux déplacements forcés et à la famine.

 Les milices des FSR apparaissent comme auteur principal de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, selon les rapports des Nations-Unies et d’Amnesty International. Ils jouissent du soutien
militaire et financier des Émirats arabes unis. Les Forces armées soudanaises sont également désignées comme auteur de crimes.

 Des puissances internationales sont impliquées dans le conflit en même temps qu’elles se présentent, pour certaines, comme des médiatrices : États-Unis, Émirats arabes unis, Arabie saoudite ou Égypte. Malgré l’embargo contre l’acheminement d’armes au Soudan, du matériel militaire, y compris d’origine française, sert contre les populations soudanaises. La guerre dépasse le cadre d’un conflit interne pour devenir un affrontement d’intérêts impérialistes et coloniaux, où les ressources du pays (pétrole, or, gomme arabique, produits agricoles) valent plus que la vie humaine.

Déplacements et migrations :

 14 millions de personnes déplacées : 9 million de déplacé.es internes, 4 millions de réfugié.es dans les
pays voisins. D’autres personnes entreprennent le périlleux voyage vers l’Europe. En mer Méditerranée, beaucoup meurent en traversant la mer dans des embarcations précaires ou subissent l’esclavage moderne en Libye.

 Depuis 2025, la majorité des réfugié.es arrivent en Grèce, depuis la Libye. Nombre d’entre eux y sont emprisonnés, accusés de trafic illégal de personnes pour avoir « piloté » les embarcations.

 Environ 300 réfugié.es soudanais.es sont aujourd’hui détenus dans les prisons grecques. Les procès sont expéditifs et injustes : services d’interprétation défaillants, représentation par des avocats commis d’office, condamnations lourdes pouvant atteindre plusieurs dizaines d’années de prison, y compris pour des mineurs.

 Au total, 4000 migrants et réfugiés sont emprisonnés pour le même délit de « passeur », alors que les véritables trafiquants échappent à la justice.

 En France, des centaines de réfugié.es et de migrant.es vivent dans la rue, à Paris et ailleurs, sans accès au logement, malgré les obligations légales de l’État et ses condamnations pour manquements.

 Les conditions sont indignes pour la subsistance des migrant.es et réfugié.es à Calais. Les personnes
sont exposées à des dangers mortels en tentant le voyage vers l’Angleterre.

Nous dénonçons  :

 La politique européenne et internationale qui ferme les yeux sur le drame soudanais et refuse de
condamner les acteurs de crimes et leurs complices.

 La politique migratoire européenne, qui, après avoir contribué à la légitimation des milices Janjaweed et de Hemedti dans le cadre du processus de Khartoum - en renforçant ainsi un acteur aujourd’hui responsable de crimes atroces dans le cadre de la guerre -, refuse d’accueillir sur son sol les victimes de cette guerre.

Nous exigeons :

 Des actions concrètes pour mettre fin à la guerre au Soudan et à l’indifférence de la communauté
internationale.
 La fin de l’impunité pour les auteurs de crimes, leurs alliés et complices.
 La fin des politiques et législations qui forcent les personnes à prendre des routes et embarcations
dangereuses, à mourir en mer ou en franchissant des frontières.
 Personne ne doit être emprisonné pour avoir fui la guerre, la souffrance ou la faim.
 Des conditions dignes pour tou.tes les migrant.es et réfugié.es en Europe. Aucune personne ne doit
vivre dans la rue.

Stop aux massacres, stop aux violences, stop à la guerre.
La vie humaine est une valeur non négociable.
Aucune vie n’est illégale.
Des conditions dignes d’accueil pour les migrants et les migrantes, réfugiés et réfugiées.