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Journée de discussions - Vers une politique de la destitution ?
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"name": "Journ\u00e9e de discussions - Vers une politique de la destitution ?" ,
"description": "https:\/\/www.agendamilitant.org\/Journee-de-discussions-Vers-une-politique-de-la-destitution.html \n\nLe s\u00e9minaire auto-organis\u00e9 de \"La division politique\" organise deux journ\u00e9es d'\u00e9tude les 28 et 29 mars 2026. Ces journ\u00e9es sont ouvertes \u00e0 tous et toutes, entr\u00e9e libre, buvette sur place et cantine le samedi soir pour prolonger les discussions. \n\n(Nous reprenons sous une forme interrogative le titre d'un texte qui a circul\u00e9 outre-atlantique ces derniers mois et aujourd'hui publi\u00e9 sur le site Montages. Il ne sera pas directement l'objet des interventions propos\u00e9es, mais nous aurons \u00e0 coup s\u00fbr l'occasion de l'\u00e9voquer, et d'essayer de prolonger le dialogue auquel il invite.) \n\nIl y a deux mani\u00e8res d'aborder la question de la politique. La premi\u00e8re privil\u00e9gie la dimension de l'objectivit\u00e9, c'est-\u00e0-dire l'analyse du syst\u00e8me-monde et de ses devenirs, avec une insistance particuli\u00e8re aujourd'hui sur les rivalit\u00e9s g\u00e9opolitiques qui le structurent et sur les guerres qui en sont l'expression. La deuxi\u00e8me privil\u00e9gie la dimension subjective, c'est-\u00e0-dire la mani\u00e8re dont peuvent \u00eatre construites ici et maintenant des consistances psychiques et collectives susceptibles de tenir bon dans le cours du monde impos\u00e9 et, pourquoi pas, de contrarier quelque peu ce dernier. M\u00eame si les deux approches sont n\u00e9cessaires et s'il s'agit sans doute de travailler \u00e0 les rendre compl\u00e9mentaires, nous allons ici privil\u00e9gier la deuxi\u00e8me, qui a le m\u00e9rite de ne pas nous laisser spectateurs de processus sur lesquels nous n'avons pas de prise dans l'imm\u00e9diat. \n\nLes interventions propos\u00e9es aborderont des « sujets » divers, mais seront apparent\u00e9es sur un point - un point de m\u00e9thode : les clarifications conceptuelles qui y seront propos\u00e9es pourront \u00eatre questionn\u00e9es aussi bien sous l'angle de leur consistance interne que sous celui des implications existentielles qu'elles dessinent. Au nombre de celles-ci il faut compter les voies de r\u00e9ponse aux questions politiques\n\ncontemporaines qui ne sont jamais plus envahissantes que lorsqu'on \u00e9vite de les traiter, autrement dit lorsqu'on renonce \u00e0 construire l'espace qu'elles appellent. Que cet espace soit aujourd'hui essentiellement vacant (m\u00eame si, bien s\u00fbr « il se passe plein de choses »), c'est ce sur quoi on pourra, ou pas, s'accorder, en cherchant d\u00e8s lors \u00e0 savoir comment r\u00e9pondre \u00e0 cette vacance - ou d\u00e9signer ce qui l'occupe d\u00e9j\u00e0, mais qu'on ne voit pas encore. \n\nSamedi 28 mars - 13h30 : Introduction aux discussions (Enzo et Adrien) \n\n\u2013 13h45 : L'usage, un concept ontologico-politique (Lionel) \n\nSi l'institution, comme capture du sens, est la forme \u00e9l\u00e9mentaire du pouvoir, y a-t- il une mani\u00e8re de raisonner qui nous pr\u00e9munisse de la reconduction syst\u00e9matique de cette forme ? Par quels chemins th\u00e9oriques faire tenir l'usage, pos\u00e9 comme contraire de l'institution ? L'intuition ici est qu'on ne peut s'en tenir \u00e0 une d\u00e9finition, si juste soit-elle, parce que la r\u00e9duction est peut-\u00eatre d'abord dans l'oubli des « \u00e9l\u00e9ments » ontologiques de la puissance, oubli menant \u00e0 des confusions et des recouvrements incessants entre ces rep\u00e8res m\u00eames que sont : monde, chose, sujet, \u00e9galit\u00e9, v\u00e9rit\u00e9, dehors (r\u00e9sonance), geste et obstacle. L'irr\u00e9ductible n'est pas une forme stable, mais d\u00e9pend de la r\u00e9affirmation pratique de chaque coordonn\u00e9e, sachant que chacune peut en faire oublier une autre et que par d\u00e9finition il y en a toujours une qui manque \u00e0 l'appel. \n\n\u2013 16h15 : Pr\u00e9f\u00e9rer la justice \u00e0 l'innocence (Coline) \n\nIl est tr\u00e8s rare qu'on parvienne \u00e0 justifier la violence, m\u00eame la plus radicale et la plus subversive, autrement que par la puret\u00e9 de qui l'exerce. Paradoxe, \u00e0 consid\u00e9rer que l'exercice de la violence n'a rien d'innocent - et que la violence sur fond d'innocence est la plus cruelle. Je d\u00e9teste les innocent\u00b7es. Mais \u00e0 rendre raison de cette d\u00e9testation, je m'inqui\u00e8te : ne suis-je pas en train de jeter les victimes avec l'eau b\u00e9nite ? Les victimes, certainement, n'ont nul besoin d'\u00eatre innocentes (passives, inoffensives) pour \u00eatre victimes - mais comment leur refuser l'innocence sans les river au sentiment de culpabilit\u00e9 auquel elles carburent ? L'innocence referme sur elles un pi\u00e8ge : la leur refuser c'est les sacrifier, la leur accorder c'est les sacraliser. Mon hypoth\u00e8se : qu'on les sacrifie ou qu'on les sacralise, on \u00e9choue \u00e0 les reconna\u00eetre pour ce qu'elles sont, vaincu\u00b7es ; on \u00e9choue \u00e0 reconna\u00eetre les victimes comme victimes. Je travaillerai donc \u00e0 d\u00e9m\u00ealer le noeud de langage qui amalgame les innocent\u00b7es et les victimes - et \u00e0 d\u00e9crypter \u00e0 qui, \u00e0 quoi profite un tel noeud : qui le noue, et comment le d\u00e9lier. Mon ambition : d\u00e9fricher une voie permettant de ne rejeter ni la violence comme pratique \u00e9mancipatrice, ni les victimes telles qu'elles expriment un d\u00e9sir de justice. \n\nDimanche 29 mars \n\n\u2013 13h30 Schize (Louria) \n\nLe sens de notre propre pass\u00e9 nous \u00e9chappe. Le fond duquel nos actions surgissaient, et qui les recueillait, s'est d\u00e9rob\u00e9. L'\u00e9poque s'est retir\u00e9e. Et elle nous laisse seuls. Seuls avec notre histoire, encombrante, surcharg\u00e9e. Tellement surcharg\u00e9e que nous ne parvenons plus \u00e0 lui faire face, comme \u00e0 une mauvaise histoire de famille. Mais lui faire face, c'est pourtant tout ce qu'il nous reste \u00e0 faire, \u00e0 pr\u00e9sent que notre ennemi nous tourne le dos. \n\n\u2013 16h15 : La reprise et la rel\u00e8ve (Bernard) \n\nJe me r\u00e9f\u00e8rerai, de fa\u00e7on plus ou moins directe, \u00e0 Kierkegaard et \u00e0 Hegel pour envisager deux sens ou deux visions de ce que peut \u00eatre l'usage d'une pens\u00e9e dialectique. Au premier est attach\u00e9 le concept de reprise - et l'on peut y entendre un primat donn\u00e9 \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9. Au second, celui de rel\u00e8ve - et l'on peut y entendre un primat de l'invention. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment (et pour commencer \u00e0 entrer dans la torsion dialectique) : dans la reprise, la fid\u00e9lit\u00e9 n'existe que par son renouvellement ; dans la rel\u00e8ve, l'invention n'a lieu que parce qu'elle trouve une mani\u00e8re de garder ce qu'elle a pourtant permis d'abandonner. D\u00e8s lors, si ces deux approches sont exclusives, que signifie choisir l'une d'elles ? Question qui n'est pas promise \u00e0 rester abstraite, dans la mesure o\u00f9 elle nous oblige \u00e0 consid\u00e9rer l'ensemble de nos exp\u00e9riences politiques pass\u00e9es, et ce que l'on peut faire d'elles aujourd'hui. Voir aussi \"La division politique\" " ,
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Thèmes :
Lutte des classes, travail et internationalisme
Type d'événement :
Réunion publique
Quand ?
Cet événement est passé
Du 28 mars à 13h30 au 29 mars à 13h30,
Où ?
Le DOC
26 Rue du Docteur Potain, 75019, Paris, France
Le séminaire auto-organisé de "La division politique" organise deux journées d’étude les 28 et 29 mars 2026. Ces journées sont ouvertes à tous et toutes, entrée libre, buvette sur place et cantine le samedi soir pour prolonger les discussions.
(Nous reprenons sous une forme interrogative le titre d’un texte qui a circulé outre-atlantique ces derniers mois et aujourd’hui publié sur le site Montages. Il ne sera pas directement l’objet des interventions proposées, mais nous aurons à coup sûr l’occasion de l’évoquer, et d’essayer de prolonger le dialogue auquel il invite.)
Il y a deux manières d’aborder la question de la politique. La première privilégie la dimension de l’objectivité, c’est-à-dire l’analyse du système-monde et de ses devenirs, avec une insistance particulière aujourd’hui sur les rivalités géopolitiques qui le structurent et sur les guerres qui en sont l’expression. La deuxième privilégie la dimension subjective, c’est-à-dire la manière dont peuvent être construites ici et maintenant des consistances psychiques et collectives susceptibles de tenir bon dans le cours du monde imposé et, pourquoi pas, de contrarier quelque peu ce dernier. Même si les deux approches sont nécessaires et s’il s’agit sans doute de travailler à les rendre complémentaires, nous allons ici privilégier la deuxième, qui a le mérite de ne pas nous laisser spectateurs de processus sur lesquels nous n’avons pas de prise dans l’immédiat.
Les interventions proposées aborderont des « sujets » divers, mais seront apparentées sur un point - un point de méthode : les clarifications conceptuelles qui y seront proposées pourront être questionnées aussi bien sous l’angle de leur consistance interne que sous celui des implications existentielles qu’elles dessinent. Au nombre de celles-ci il faut compter les voies de réponse aux questions politiques
contemporaines qui ne sont jamais plus envahissantes que lorsqu’on évite de les traiter, autrement dit lorsqu’on renonce à construire l’espace qu’elles appellent. Que cet espace soit aujourd’hui essentiellement vacant (même si, bien sûr « il se passe plein de choses »), c’est ce sur quoi on pourra, ou pas, s’accorder, en cherchant dès lors à savoir comment répondre à cette vacance - ou désigner ce qui l’occupe déjà, mais qu’on ne voit pas encore.
Samedi 28 mars - 13h30 : Introduction aux discussions (Enzo et Adrien)
– 13h45 : L’usage, un concept ontologico-politique (Lionel)
Si l’institution, comme capture du sens, est la forme élémentaire du pouvoir, y a-t- il une manière de raisonner qui nous prémunisse de la reconduction systématique de cette forme ? Par quels chemins théoriques faire tenir l’usage, posé comme contraire de l’institution ? L’intuition ici est qu’on ne peut s’en tenir à une définition, si juste soit-elle, parce que la réduction est peut-être d’abord dans l’oubli des « éléments » ontologiques de la puissance, oubli menant à des confusions et des recouvrements incessants entre ces repères mêmes que sont : monde, chose, sujet, égalité, vérité, dehors (résonance), geste et obstacle. L’irréductible n’est pas une forme stable, mais dépend de la réaffirmation pratique de chaque coordonnée, sachant que chacune peut en faire oublier une autre et que par définition il y en a toujours une qui manque à l’appel.
– 16h15 : Préférer la justice à l’innocence (Coline)
Il est très rare qu’on parvienne à justifier la violence, même la plus radicale et la plus subversive, autrement que par la pureté de qui l’exerce. Paradoxe, à considérer que l’exercice de la violence n’a rien d’innocent - et que la violence sur fond d’innocence est la plus cruelle. Je déteste les innocent·es. Mais à rendre raison de cette détestation, je m’inquiète : ne suis-je pas en train de jeter les victimes avec l’eau bénite ? Les victimes, certainement, n’ont nul besoin d’être innocentes (passives, inoffensives) pour être victimes - mais comment leur refuser l’innocence sans les river au sentiment de culpabilité auquel elles carburent ? L’innocence referme sur elles un piège : la leur refuser c’est les sacrifier, la leur accorder c’est les sacraliser. Mon hypothèse : qu’on les sacrifie ou qu’on les sacralise, on échoue à les reconnaître pour ce qu’elles sont, vaincu·es ; on échoue à reconnaître les victimes comme victimes. Je travaillerai donc à démêler le noeud de langage qui amalgame les innocent·es et les victimes - et à décrypter à qui, à quoi profite un tel noeud : qui le noue, et comment le délier. Mon ambition : défricher une voie permettant de ne rejeter ni la violence comme pratique émancipatrice, ni les victimes telles qu’elles expriment un désir de justice.
Dimanche 29 mars
– 13h30 Schize (Louria)
Le sens de notre propre passé nous échappe. Le fond duquel nos actions surgissaient, et qui les recueillait, s’est dérobé. L’époque s’est retirée. Et elle nous laisse seuls. Seuls avec notre histoire, encombrante, surchargée. Tellement surchargée que nous ne parvenons plus à lui faire face, comme à une mauvaise histoire de famille. Mais lui faire face, c’est pourtant tout ce qu’il nous reste à faire, à présent que notre ennemi nous tourne le dos.
– 16h15 : La reprise et la relève (Bernard)
Je me réfèrerai, de façon plus ou moins directe, à Kierkegaard et à Hegel pour envisager deux sens ou deux visions de ce que peut être l’usage d’une pensée dialectique. Au premier est attaché le concept de reprise - et l’on peut y entendre un primat donné à la fidélité. Au second, celui de relève - et l’on peut y entendre un primat de l’invention. Plus précisément (et pour commencer à entrer dans la torsion dialectique) : dans la reprise, la fidélité n’existe que par son renouvellement ; dans la relève, l’invention n’a lieu que parce qu’elle trouve une manière de garder ce qu’elle a pourtant permis d’abandonner. Dès lors, si ces deux approches sont exclusives, que signifie choisir l’une d’elles ? Question qui n’est pas promise à rester abstraite, dans la mesure où elle nous oblige à considérer l’ensemble de nos expériences politiques passées, et ce que l’on peut faire d’elles aujourd’hui.