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Faire mieux ? Soirée Au Poste & Diagrammes

Thèmes :
Lutte des classes, travail et internationalisme

Type d'événement :
Réunion publique

Quand ?
Le 28 septembre à 19h,

Où ?
Le Point Ephémère
200 Quai de Valmy 75010 Paris

« Faites mieux ! » L’invitation lancée en 2022 par Jean-Luc Mélenchon n’a rien perdu de son actualité. Même si le chef de file des Insoumis a par la suite renoncé à prendre sa retraite, on ne peut qu’adhérer à sa conviction que, faute de nous améliorer, nous ne serons pas en mesure de barrer la route du pouvoir à l’extrême-droite.

À quelques mois de l’élection présidentielle, l’inquiétude ne procède pas seulement des sondages qui annoncent la victoire de Marine Le Pen. Elle se nourrit surtout de la perspective d’une entente, parrainée par le patronat et validée par les grands médias, entre toutes les composantes des droites et du centre. Appelé « arc républicain », ce partenariat en formation se donne pour mission de faire passer un basculement inédit depuis 1940 pour une transition à peine perceptible et, ce faisant, de jeter un soupçon de sédition sur celles et ceux qui auront le front de s’en émouvoir.

Dans ce contexte, il ne suffit pas d’espérer que la gauche s’unisse ou que son électorat se reporte sur le candidat le mieux placé pour la représenter. Conjurer le sort que l’air du temps semble nous réserver engage chacun d’entre nous à défier le sens commun que nos adversaires sont parvenus à imposer. Or, pour espérer reprendre la main, on ne peut se borner à dénoncer les injustices et la cruauté distinctives du programme de l’union des droites, et encore moins s’abaisser à transiger avec les phobies qu’il agite au motif qu’un électorat réputé populaire y serait sensible : l’enjeu consiste plutôt à montrer que ce qui nous semble digne d’être revendiqué est aussi plus attirant que l’alliage de morgue et de ressentiment constitutif de l’arc républicain.

Désireux d’apporter leur contribution à cette tâche, Au Poste et Diagrammes se sont associés pour réunir des journalistes, des chercheurs/euses et des activistes dont le travail est de nature à nous permettre de faire mieux.

 19h30 - Club de la presse indépendante
avec Mathieu Molard (StreetPress) et Céline Massin (Rembobine), animé par David Dufresne

 21h - À quand un internationalisme de gauche affranchi du campisme ?
avec Chowra Makaremi, Somayeh Rostampour et Hamad Gamal, animé par Michel Feher

L’internationalisme a-t-il besoin de nouvelles lunettes ? Jusqu’à une date récente, il en existait deux modèles concurrents. Le premier, d’inspiration libérale, orientait le regard vers les résistances à la mainmise des États sur les sociétés civiles. Le second, porté par les gauches radicales, ouvrait les yeux sur les luttes des peuples contre les bénéficiaires de leur exploitation et le pillage de leurs ressources. Conçus lors de la Guerre froide, ces prismes rivaux offraient un confortable sentiment de continuité à leurs usagers : les uns y puisaient la conviction que la dissolution de l’Union soviétique ne dispensait aucunement de traquer les résurgences du totalitarisme, les autres la certitude que la mondialisation néolibérale ne modifiait en rien les enjeux du combat contre l’impérialisme. En outre, tant les lunettes antitotalitaires que leurs rivales antiimpérialistes étaient taillées pour occulter les causes qui ne correspondaient pas à leurs priorités. Ainsi s’explique leur remarquable longévité.

Cependant, toutes deux peinent désormais à remplir leur office. Que reste-t-il en effet de l’internationalisme libéral lorsque Washington et ses alliés sponsorisent un génocide à Gaza, autorisent leur protégé émirati à en commanditer un autre au Soudan et s’accordent avec Moscou pour promouvoir l’extrême droitisation de Europe ? Et qui défend le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à l’heure où Vladimir Poutine nie l’existence de l’Ukraine, où Recep Tayyip Erdogan prive les Kurdes de toute autonomie, où Narendra Modi réserve la nationalité indienne aux Hindous, où le régime iranien tire parti des assauts israélo-américains pour réprimer toute contestation du nationalisme persan et où Xi Jinping attend patiemment l’issue des « opérations spéciales » russe et israélienne pour décider de l’opportunité d’une invasion de Taïwan ?

Afin de desserrer l’emprise des brutes qui dominent le monde, l’internationalisme est plus nécessaire que jamais. Mais encore faut-il que celles et ceux qui s’en réclament le délivrent des œillères héritées d’un âge révolu. Il en va de notre lucidité mais surtout de la construction de solidarités entre tous les mouvements de résistance à la dystopie planétaire. Dira-t-on que ce travail de tissage a peu à voir avec une campagne présidentielle ? Il n’est certes pas question d’attendre la lumière d’un nouveau chef de file du « monde libre » ou projeter ses espoirs sur on ne sait quelle « patrie du socialisme ». Pour autant, face au nombre sans cesse croissant de dirigeants aussi hostiles à l’autodétermination des populations tombées sous leur joug qu’aux libertés de leurs propres citoyens, être en mesure de compter sur un gouvernement favorable à la refondation de l’internationalisme ne serait pas du luxe.

 22h30 - Concert Zeid Hamdan et Salwa Jaradat

Entrée libre !