Double journée d’étude "Anarchisme et éducation"
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"name": "Double journ\u00e9e d’\u00e9tude \"Anarchisme et \u00e9ducation\"" ,
"description": "https:\/\/www.agendamilitant.org\/Double-journee-d-etude-Anarchisme-et-education.html \n\nLes 4 et 5 mai prochains auront lieu deux journ\u00e9es d'\u00e9tudes sur le th\u00e8me \"Anarchisme et \u00e9ducation\", dont le r\u00e9sum\u00e9, le programme et l'argumentaire sont reproduits ci-dessous. \n\nCes journ\u00e9es auront lieu \u00e0 la Bourse du Travail de Paris, 3 rue du Ch\u00e2teau d'Eau, salle Jean Jaur\u00e8s. \n\nL'inscription est demand\u00e9e, sur ce lien\n\n\n\nAnarchisme et \u00e9ducation6 \n\nL'id\u00e9e de ces Journ\u00e9es d'\u00e9tudes interdisciplinaires (philosophie, histoire, sociologie, sciences de l'\u00e9ducation, science politique, p\u00e9dagogie...) est de r\u00e9unir \u00e0 la fois des personnes dont le lien entre anarchisme et \u00e9ducation est l'objet d'\u00e9tude, et des acteur-ices de terrain qui tentent de faire vivre concr\u00e8tement ce lien, sans avoir toujours le temps d'en faire le bilan. Ces deux journ\u00e9es, bien que de fondement universitaire, offriront l'occasion de donner aussi la parole \u00e0 des acteur-ices \"de terrain\" et de pr\u00e9senter des exp\u00e9riences contemporaines concr\u00e8tes. \n\nCela permettra de confronter des exp\u00e9riences internationales, de pratiquer l'auto-formation sur des th\u00e8mes et des pratiques parfois peu visibilis\u00e9es, et de travailler sur les mod\u00e8les alternatifs aux injonctions d'autonomie (fauss\u00e9e) par les \u00e9coles d'ordre, dont les syst\u00e8mes \u00e9tatiques et institutionnels n'ont jamais permis, voire ont emp\u00each\u00e9 qu'ils organisent une d\u00e9mocratie \u00e9ducative au sens de l'invention par et pour les travailleur-ses des r\u00e8gles d\u00e9mocratiques de leur propre \u00e9mancipation. \n\nArgumentaire \n\nLa pens\u00e9e anarchiste de l'\u00e9ducation, en tant qu'elle est une pens\u00e9e de l'auto-\u00e9mancipation, sans et contre les ma\u00eetres et les dominants, sans et contre l'autorit\u00e9 transcendante, sans et contre les exploiteurs et les colonisateurs, est un point central de notre r\u00e9flexion. En s'\u00e9cartant peu ou prou d'une pens\u00e9e politique g\u00e9n\u00e9rale sur l'autonomie (qui implique ob\u00e9issance, m\u00eame s'il s'agit de r\u00e8gles auto-prescrites, depuis Rousseau et Kant), le mouvement anarchiste dans sa grande diversit\u00e9 constitue une r\u00e9flexion \u00e0 l'endroit des conditions mat\u00e9rielles concr\u00e8tes, dans l'\u00e9mancipation du peuple par et pour lui-m\u00eame, rendant possible une \u00e9ducation qui \u00e9vacue toute autorit\u00e9 ou toute r\u00e9f\u00e9rence ext\u00e9rieure au collectif qui s'en prescrit. Il serait trop volumineux de r\u00e9sumer toutes les contributions \u00e0 l'\u00e9tude ce probl\u00e8me. \n\nRenvoyons ici simplement, pour exemple, \u00e0 l'entr\u00e9e \"Autonomie\" du dictionnaire anarchiste de S. Faure (1934). Cette r\u00e9flexion poss\u00e8de une histoire longue et riche en mati\u00e8re de pens\u00e9e de l'\u00e9mancipation \u00e9ducative, et de d\u00e9masquage des pi\u00e8ges tendus, g\u00e9n\u00e9ration apr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ration, par diverses formes d'\u00e9cole d'ordre, \u00e0 laquelle appartient en grande partie l'\u00e9cole dite gratuite, la\u00efque et obligatoire (Soci\u00e9t\u00e9 Pierre-Joseph Proudhon, 2020). \n\nPourtant, malgr\u00e9 : \n\n1) une histoire internationale extr\u00eamement f\u00e9conde en termes de pens\u00e9es (voir l'anthologie de Baillargeon, 2016 & 2019) : L. Michel, F. Pelloutier, P.-J. Proudhon, M. Bakounine, S. Faure, F. Ferrer, W. Godwin, P. Kropotkine, P. Robin, J. M. Luengo, M. Lacerda, bell hooks, etc.) ; \n\n2) une pl\u00e9thore de mouvements internationaux (fouri\u00e9ristes, bourses du travail des anarcho-syndicalistes fran\u00e7ais et \u00e9tats-uniens, mujeres libres en Espagne, communaut\u00e9s autonomes du Chiapas, zadistes, etc.) ; \n\n3) des publications contemporaines (Avrich, 1980 ; Suissa, 2010 ; CIRA Lausanne, 2016 ; etc.) au sujet de la pens\u00e9e anarchiste de l'\u00e9ducation et de ses liens avec des praxis \u00e9mergentes telles que celles des communs, par exemple, \n\n\u2026 force est de constater qu'il n'existe que peu d'espaces de travail interdisciplinaires et ancr\u00e9s sur le terrain, dans la pratique, sur ces questions. \n\nL'id\u00e9e de ces Journ\u00e9es d'\u00e9tudes interdisciplinaires (philosophie, histoire, sociologie, sciences de l'\u00e9ducation, science politique, p\u00e9dagogie...) est donc de r\u00e9unir \u00e0 la fois des personnes dont le lien entre anarchisme et \u00e9ducation est l'objet d'\u00e9tude ou l'un des objets d'\u00e9tude, ainsi que des acteurs et actrices de terrain qui tentent de faire vivre concr\u00e8tement ce lien, sans avoir toujours le temps d'en faire le bilan. L'occasion de les rassembler permettra aussi de confronter des exp\u00e9riences internationales et de pratiquer l'auto-formation sur des th\u00e8mes et des praxis parfois peu visibilis\u00e9es dans la recherche fran\u00e7aise en \u00e9ducation. \n\nAinsi, ces deux journ\u00e9es doivent \u00eatre l'occasion de donner la parole \u00e0 des actrices et acteurs \"de terrain\" et de pr\u00e9senter des exp\u00e9riences contemporaines concr\u00e8tes : par exemple l'\u00e9cole \"Isauro Arancibia\" en Argentine, les r\u00e9seaux autogestionnaires syndicaux fran\u00e7ais, les \"\u00e9ducations\" auto-g\u00e9r\u00e9es des centres urbains et des ruralit\u00e9s (GPAS), l'\u00e9ducation au Chiapas, l'\u00e9cole Paideia en Espagne, etc. \n\nAu-del\u00e0 de l'int\u00e9r\u00eat pour la recherche, l'enjeu des journ\u00e9es est aussi pratique : travailler sur les mod\u00e8les alternatifs aux injonctions d'autonomie (fauss\u00e9e) par les \u00e9coles d'ordre, dont les syst\u00e8mes \u00e9tatiques et institutionnels n'ont jamais permis - voire ont emp\u00each\u00e9 - qu'ils organisent une d\u00e9mocratie \u00e9ducative au sens de l'invention par et pour les travailleur-ses des r\u00e8gles d\u00e9mocratiques de leur propre \u00e9mancipation (Illich, 1971). \n\n— Ang\u00e9lique Benasayag, Jean-Fran\u00e7ois Dupeyron, Le\u00efla Frouillou et Vincent Legeay " ,
"label": "Ajouter à mon calendrier",
"location": "Bourse du travail Paris (Ch\u00e2teau d\u2019eau) 3, rue du Ch\u00e2teau d'eau, 75010, Paris " ,
"startDate":"2026-05-04",
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"endDate":"2026-05-05",
"endTime":"16:30",
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Thèmes :
Éducation populaire
Type d'événement :
Réunion publique
Quand ?
Du 4 mai à 9h au 5 mai à 16h30,
Où ?
Bourse du travail Paris (Château d’eau)
3, rue du Château d'eau, 75010, Paris
Les 4 et 5 mai prochains auront lieu deux journées d’études sur le thème "Anarchisme et éducation", dont le résumé, le programme et l’argumentaire sont reproduits ci-dessous.
Ces journées auront lieu à la Bourse du Travail de Paris, 3 rue du Château d’Eau, salle Jean Jaurès.
L’inscription est demandée, sur ce lien
Anarchisme et éducation6
L’idée de ces Journées d’études interdisciplinaires (philosophie, histoire, sociologie, sciences de l’éducation, science politique, pédagogie...) est de réunir à la fois des personnes dont le lien entre anarchisme et éducation est l’objet d’étude, et des acteur-ices de terrain qui tentent de faire vivre concrètement ce lien, sans avoir toujours le temps d’en faire le bilan. Ces deux journées, bien que de fondement universitaire, offriront l’occasion de donner aussi la parole à des acteur-ices "de terrain" et de présenter des expériences contemporaines concrètes.
Cela permettra de confronter des expériences internationales, de pratiquer l’auto-formation sur des thèmes et des pratiques parfois peu visibilisées, et de travailler sur les modèles alternatifs aux injonctions d’autonomie (faussée) par les écoles d’ordre, dont les systèmes étatiques et institutionnels n’ont jamais permis, voire ont empêché qu’ils organisent une démocratie éducative au sens de l’invention par et pour les travailleur-ses des règles démocratiques de leur propre émancipation.
Argumentaire
La pensée anarchiste de l’éducation, en tant qu’elle est une pensée de l’auto-émancipation, sans et contre les maîtres et les dominants, sans et contre l’autorité transcendante, sans et contre les exploiteurs et les colonisateurs, est un point central de notre réflexion. En s’écartant peu ou prou d’une pensée politique générale sur l’autonomie (qui implique obéissance, même s’il s’agit de règles auto-prescrites, depuis Rousseau et Kant), le mouvement anarchiste dans sa grande diversité constitue une réflexion à l’endroit des conditions matérielles concrètes, dans l’émancipation du peuple par et pour lui-même, rendant possible une éducation qui évacue toute autorité ou toute référence extérieure au collectif qui s’en prescrit. Il serait trop volumineux de résumer toutes les contributions à l’étude ce problème.
Renvoyons ici simplement, pour exemple, à l’entrée "Autonomie" du dictionnaire anarchiste de S. Faure (1934). Cette réflexion possède une histoire longue et riche en matière de pensée de l’émancipation éducative, et de démasquage des pièges tendus, génération après génération, par diverses formes d’école d’ordre, à laquelle appartient en grande partie l’école dite gratuite, laïque et obligatoire (Société Pierre-Joseph Proudhon, 2020).
Pourtant, malgré :
1) une histoire internationale extrêmement féconde en termes de pensées (voir l’anthologie de Baillargeon, 2016 & 2019) : L. Michel, F. Pelloutier, P.-J. Proudhon, M. Bakounine, S. Faure, F. Ferrer, W. Godwin, P. Kropotkine, P. Robin, J. M. Luengo, M. Lacerda, bell hooks, etc.) ;
2) une pléthore de mouvements internationaux (fouriéristes, bourses du travail des anarcho-syndicalistes français et états-uniens, mujeres libres en Espagne, communautés autonomes du Chiapas, zadistes, etc.) ;
3) des publications contemporaines (Avrich, 1980 ; Suissa, 2010 ; CIRA Lausanne, 2016 ; etc.) au sujet de la pensée anarchiste de l’éducation et de ses liens avec des praxis émergentes telles que celles des communs, par exemple,
… force est de constater qu’il n’existe que peu d’espaces de travail interdisciplinaires et ancrés sur le terrain, dans la pratique, sur ces questions.
L’idée de ces Journées d’études interdisciplinaires (philosophie, histoire, sociologie, sciences de l’éducation, science politique, pédagogie...) est donc de réunir à la fois des personnes dont le lien entre anarchisme et éducation est l’objet d’étude ou l’un des objets d’étude, ainsi que des acteurs et actrices de terrain qui tentent de faire vivre concrètement ce lien, sans avoir toujours le temps d’en faire le bilan. L’occasion de les rassembler permettra aussi de confronter des expériences internationales et de pratiquer l’auto-formation sur des thèmes et des praxis parfois peu visibilisées dans la recherche française en éducation.
Ainsi, ces deux journées doivent être l’occasion de donner la parole à des actrices et acteurs "de terrain" et de présenter des expériences contemporaines concrètes : par exemple l’école "Isauro Arancibia" en Argentine, les réseaux autogestionnaires syndicaux français, les "éducations" auto-gérées des centres urbains et des ruralités (GPAS), l’éducation au Chiapas, l’école Paideia en Espagne, etc.
Au-delà de l’intérêt pour la recherche, l’enjeu des journées est aussi pratique : travailler sur les modèles alternatifs aux injonctions d’autonomie (faussée) par les écoles d’ordre, dont les systèmes étatiques et institutionnels n’ont jamais permis - voire ont empêché - qu’ils organisent une démocratie éducative au sens de l’invention par et pour les travailleur-ses des règles démocratiques de leur propre émancipation (Illich, 1971).
— Angélique Benasayag, Jean-François Dupeyron, Leïla Frouillou et Vincent Legeay