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Discussion : Sortir des sables mouvants
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"name": "Discussion : Sortir des sables mouvants" ,
"description": "https:\/\/www.agendamilitant.org\/Discussion-Sortir-des-sables-mouvants.html \n\n« [\u2026] je ne sais quoi de vague et de flottant, une mer houleuse et pleine de naufrages, travers\u00e9e de temps en temps par quelque blanche voile lointaine ou par quelque navire soufflant une lourde vapeur ; le si\u00e8cle pr\u00e9sent, en un mot, qui s\u00e9pare le pass\u00e9 de l'avenir, qui n'est ni l'un ni l'autre et qui ressemble \u00e0 tous deux \u00e0 la fois, et o\u00f9 l'on ne sait, \u00e0 chaque pas qu'on fait, si l'on marche sur une semence ou sur un d\u00e9bris. » \n\n— Alfred de Musset, \"La confession d'un enfant du si\u00e8cle\" \n\nSi l'air du temps s'av\u00e8re difficilement respirable jusqu'\u00e0 ce qu'une pouss\u00e9e r\u00e9volutionnaire vienne balayer ce smog fait de travaillisme, d'exploitation, de judiciarisme, de pouvoir, de seum, de d\u00e9veloppement personnel, d'ob\u00e9issance et de dominations imbriqu\u00e9es, il appartient \u00e0 ceux qui aspirent \u00e0 un vent \u00e9mancipateur de comprendre de quoi cet \u00e9touffement est fait, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, ce qui en cause l'\u00e9paisseur ici et maintenant. On s'attache \u00e0 en discuter r\u00e9guli\u00e8rement ici quand on parle de postmodernit\u00e9, en essayant aussi de comprendre pourquoi les critiques de cette \u00e9poque virent souvent \u00e0 la R\u00e9action. \n\nOn voudrait aujourd'hui poursuivre ces questionnements en se demandant d'o\u00f9 vient le fait que, alors que, comme tous les r\u00e9volutionnaires, on vient apr\u00e8s plusieurs g\u00e9n\u00e9rations qui ont \u00e9labor\u00e9 autour de cette question, on a aujourd'hui une impression d'\u00e9voluer dans un vide conceptuel d\u00e9routant. Les dites « grandes hypoth\u00e8ses » ont fait leur temps (et tant mieux) sans pour autant que le champ ouvert soit investi par des perspectives confrontatives et \u00e9mancipatrices. On se demande si ce qui semblait encore tenir debout comme analyses \u00e0 poursuivre ou auxquelles se confronter n'\u00e9tait pas que des restes en cours d'\u00e9rosion, d\u00e9sormais impalpables, et c'est bien souvent le pire qui perdure encore. L'extr\u00eame gauche se pla\u00eet \u00e0 ventiler du folklore tankie, l'anarchisme devient un cosplay compatible avec l'appel au vote, on peut d\u00e9sirer « l'ordre moins le pouvoir » sans se souvenir que Proudhon est une raclure misogyne et antis\u00e9mite, tout en portant l'antiracisme et le f\u00e9minisme en boutonni\u00e8re, et surtout on dirait qu'il n'y a plus de sol sur lequel marcher, courir, lancer des pav\u00e9s, lutter. \n\nBeaucoup de camarades et compagnons plus exp\u00e9riment\u00e9s semblent penser que le niveau des r\u00e9flexions et des pratiques politiques a chut\u00e9 drastiquement ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es. De fait, les structures formelles et informelles qui permettaient \u00e0 des individus parfois en d\u00e9saccord sur les tactiques et parfois sur le fond de discuter, d\u00e9battre, parfois s'embrouiller (de fa\u00e7on f\u00e9conde, ou non), et surtout tracer de nouvelles perspectives de luttes et de solidarit\u00e9 offensive semblent toutes avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites, par \u00e0-coups, par la r\u00e9pression, ainsi que par des militants arriv\u00e9s plus r\u00e9cemment, et n'ayant pour la plupart pas connu ces espaces et formes d'organisation, ni profit\u00e9 de l'atmosph\u00e8re de transmission pratique et th\u00e9orique des plus exp\u00e9riment\u00e9s dont les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes b\u00e9n\u00e9ficiaient. \n\nC'est aussi une certaine forme d'internationalisme qui se perd lorsque tout semble riv\u00e9 \u00e0 gauche sur des probl\u00e9matiques franco-fran\u00e7aises, s'expliquant par un retour de la gangr\u00e8ne nationaliste, particulariste, raciste et racialiste \u00e0 gauche. Comment ces espaces de r\u00e9flexion et d'organisation anti-autoritaires sont-ils tomb\u00e9s ? Que s'est il pass\u00e9 ? Pourquoi le niveau th\u00e9orique a- t-il chut\u00e9 ? Pourquoi les pratiques courageuses ont elles quasiment disparu ? Comment ce qui constituait une force antipolitique qui faisait trembler le pouvoir (et que celui-ci appelait la « mouvance anarcho-autonome ») a-t-il cess\u00e9 de mettre l'ordre public \u00e0 mal au profit des partis politiques et des syndicats (abandonnant ainsi le principe fondamental de l'autonomie), au profit d'une pseudo-guerre d\u00e9finie comme culturelle ; id\u00e9e gramsciste pass\u00e9e dans le creuset de l'extr\u00eame droite puis revenue \u00e0 gauche avec l'essor des influenceurs\/streamers et autres petites stars path\u00e9tiques de la contestation, d\u00e9fendant des th\u00e9ories (parfois nouvelles parfois anciennes) qui ne s'attaquent plus ni \u00e0 l'\u00c9tat, ni au capital (qui, par ailleurs, les finance et les chapeaute). \n\nLes « c'\u00e9tait mieux avant », la nostalgie tendanciellement r\u00e9actionnaire d'un pass\u00e9 toujours d\u00e9j\u00e0 lui m\u00eame insatisfaisant, ne nous satisferont pas, cherchons ensemble \u00e0 comprendre cette \u00e9poque qui semble vouloir \u00e0 tout prix nous emp\u00eacher de lutter, avec la complicit\u00e9 du pouvoir et donc de la gauche du pouvoir. Comment sortir du sable mouvant de l'apathie et de la d\u00e9politisation ? Cherchons des pistes. Voir aussi Les fleurs arctiques " ,
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Thèmes :
Autre
Type d'événement :
Réunion publique
Quand ?
Cet événement est passé
Vendredi 10 octobre 2025 à 19h30,
Où ?
Les Fleurs arctiques
45, rue du Pré Saint-Gervais 75019 Paris
« […] je ne sais quoi de vague et de flottant, une mer houleuse et pleine de naufrages, traversée de temps en temps par quelque blanche voile lointaine ou par quelque navire soufflant une lourde vapeur ; le siècle présent, en un mot, qui sépare le passé de l’avenir, qui n’est ni l’un ni l’autre et qui ressemble à tous deux à la fois, et où l’on ne sait, à chaque pas qu’on fait, si l’on marche sur une semence ou sur un débris. »
— Alfred de Musset, "La confession d’un enfant du siècle"
Si l’air du temps s’avère difficilement respirable jusqu’à ce qu’une poussée révolutionnaire vienne balayer ce smog fait de travaillisme, d’exploitation, de judiciarisme, de pouvoir, de seum, de développement personnel, d’obéissance et de dominations imbriquées, il appartient à ceux qui aspirent à un vent émancipateur de comprendre de quoi cet étouffement est fait, plus précisément, ce qui en cause l’épaisseur ici et maintenant. On s’attache à en discuter régulièrement ici quand on parle de postmodernité, en essayant aussi de comprendre pourquoi les critiques de cette époque virent souvent à la Réaction.
On voudrait aujourd’hui poursuivre ces questionnements en se demandant d’où vient le fait que, alors que, comme tous les révolutionnaires, on vient après plusieurs générations qui ont élaboré autour de cette question, on a aujourd’hui une impression d’évoluer dans un vide conceptuel déroutant. Les dites « grandes hypothèses » ont fait leur temps (et tant mieux) sans pour autant que le champ ouvert soit investi par des perspectives confrontatives et émancipatrices. On se demande si ce qui semblait encore tenir debout comme analyses à poursuivre ou auxquelles se confronter n’était pas que des restes en cours d’érosion, désormais impalpables, et c’est bien souvent le pire qui perdure encore. L’extrême gauche se plaît à ventiler du folklore tankie, l’anarchisme devient un cosplay compatible avec l’appel au vote, on peut désirer « l’ordre moins le pouvoir » sans se souvenir que Proudhon est une raclure misogyne et antisémite, tout en portant l’antiracisme et le féminisme en boutonnière, et surtout on dirait qu’il n’y a plus de sol sur lequel marcher, courir, lancer des pavés, lutter.
Beaucoup de camarades et compagnons plus expérimentés semblent penser que le niveau des réflexions et des pratiques politiques a chuté drastiquement ces quinze dernières années. De fait, les structures formelles et informelles qui permettaient à des individus parfois en désaccord sur les tactiques et parfois sur le fond de discuter, débattre, parfois s’embrouiller (de façon féconde, ou non), et surtout tracer de nouvelles perspectives de luttes et de solidarité offensive semblent toutes avoir été détruites, par à-coups, par la répression, ainsi que par des militants arrivés plus récemment, et n’ayant pour la plupart pas connu ces espaces et formes d’organisation, ni profité de l’atmosphère de transmission pratique et théorique des plus expérimentés dont les générations précédentes bénéficiaient.
C’est aussi une certaine forme d’internationalisme qui se perd lorsque tout semble rivé à gauche sur des problématiques franco-françaises, s’expliquant par un retour de la gangrène nationaliste, particulariste, raciste et racialiste à gauche. Comment ces espaces de réflexion et d’organisation anti-autoritaires sont-ils tombés ? Que s’est il passé ? Pourquoi le niveau théorique a- t-il chuté ? Pourquoi les pratiques courageuses ont elles quasiment disparu ? Comment ce qui constituait une force antipolitique qui faisait trembler le pouvoir (et que celui-ci appelait la « mouvance anarcho-autonome ») a-t-il cessé de mettre l’ordre public à mal au profit des partis politiques et des syndicats (abandonnant ainsi le principe fondamental de l’autonomie), au profit d’une pseudo-guerre définie comme culturelle ; idée gramsciste passée dans le creuset de l’extrême droite puis revenue à gauche avec l’essor des influenceurs/streamers et autres petites stars pathétiques de la contestation, défendant des théories (parfois nouvelles parfois anciennes) qui ne s’attaquent plus ni à l’État, ni au capital (qui, par ailleurs, les finance et les chapeaute).
Les « c’était mieux avant », la nostalgie tendanciellement réactionnaire d’un passé toujours déjà lui même insatisfaisant, ne nous satisferont pas, cherchons ensemble à comprendre cette époque qui semble vouloir à tout prix nous empêcher de lutter, avec la complicité du pouvoir et donc de la gauche du pouvoir. Comment sortir du sable mouvant de l’apathie et de la dépolitisation ? Cherchons des pistes.