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Discussion. New Age, religions 2.0 et arrière-monde

Thèmes :
Autre

Type d'événement :
Réunion publique

Quand ?
Le 27 novembre à 19h30,

Où ?
Les Fleurs arctiques
45, rue du Pré Saint-Gervais 75019 Paris

Discussion autour de la brochure « Une Critique du New Age », en présence de son auteur

Si la critique de la religion est déjà bien balisée dans le corpus anti-autoritaire - même si l’on pourrait en douter tant les complaisances à son propos y sont désormais légion - il n’en est pas de même de la critique du New Age.

Depuis les années 60, les courants New Age ont pourtant le vent en poupe. Les raisons de s’en inquiéter sont nombreuses tant les gourous impliqués dans des affaires d’abus de faiblesses, de violences physiques, mentales et sexuelles ne se comptent plus ainsi que, par exemple, les retards de prise en charge médicale, la mise en danger d’enfants dans le cadre de campagne anti-vax et de façon plus globale leur diffusion d’idéologies réactionnaires - sexisme, racisme, eugénisme, etc.

La pénétration du new age dans les thèses révolutionnaires semble aussi être à la mode ; pensons à la publication du livre "Pas de capitulation spirituelle" publié récemment aux éditions Tumult, à certaines envolées lyriques clairement New Age dans la brochure anti-civilisationnelle Takakia, à l’usage d’un certain vitalisme dans les critiques de la médecine, etc. Il nous faut donc prendre à bras-le-corps la dissection de ces pensées pour en comprendre le fonctionnement, en faire leur critique et les attaquer.

Cependant, tout comme pour la critique des religions, il faut se méfier d’une critique qui en resterait à une critique des institutions - dans le cas du New Age, il y a très peu d’institutions officielles, les choses se faisant plutôt de façon informelle, ce qui n’empêche rien au final - et qui par conséquent sauverait les dogmes. C’est au sein de ceux-ci qu’il faut aller dénicher le germe de l’autorité, de la dépossession de soi. De la même façon que l’idée de Dieu fonde l’autorité, les idées new age dans leur diversité ont pour point commun de priver chacun de son autonomie, dépolitiser les conflits, justifier l’ordre social, pacifier les colères et détourner le regard de ce monde-ci vers un arrière-monde fantasmé.

À l’aide de la brochure Une Critique du New Age, il nous faudra donc explorer cette diversité en suivant depuis leurs origines au XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui les idées New Age. Ce qui soulèvera la question de leur existence paradoxale : si les deux siècles que sont le XIXe et le XXe sont des siècles de désenchantement, comment comprendre qu’ils soient aussi le lieu de l’apparition et de la diffusion des idées New Age ? La thèse de la réactance étant insuffisante, il nous faudra faire l’hypothèse que la modernité est en vérité une époque de magie. Quelle conséquence pour notre lecture de la post-modernité ?

Gardons-nous par toutes ces critiques d’ouvrir la porte au scientisme, c’est-à-dire à l’usage autoritaire et dogmatique des sciences. Pour se défaire de cette possibilité, dans un dernier temps, il nous faudra lui aussi le prendre pour cible. En nous demandant ce que sont les sciences, nous pourrons à la fois critiquer la mystification à des fins autoritaires qu’en fait le scientisme - mystification efficace puisque de nombreuses critiques des sciences, se présentant comme « critique de la science », sont en réalité des critiques du scientisme qu’elles ratent, victimes de son piège - tout en dégageant les possibilités émancipatrices qu’elles abritent, ou pas.