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Démontage judiciaire - L’affaire « Omar m’a tuer »

Thèmes :
Surveillance, répression, libertés, technopolice

Type d'événement :
Réunion publique

Quand ?
Le 21 mars à 15h,

Où ?
Les Fleurs arctiques
45, rue du Pré Saint-Gervais 75019 Paris

#justice

Ghislaine Marchal est retrouvée morte dans sa maison à Mougins (Alpes-Maritime) le 24 juin 1991 avec l’inscription « OMAR M’A TUER », écrite sur le mur avec le sang de la victime. Le jardinier de celle-ci, Omar Raddad, est arrêté et inculpé de meurtre.

Défendu par Jacques Vergès, qui élargira à cette occasion le principe de défense de rupture au droit commun, Omar Raddad est condamné à 18 ans de prison ferme, est gracié partiellement en 1996 et sort de prison en 1998.

Saboter la machine judiciaire implique de comprendre comment fonctionnent ses rouages quand elle s’exerce, comment elle peaufine ses engrenages pour mieux nous broyer. Alors il nous a semblé pertinent de proposer des occasions de pratiquer ensemble des démontages, en se donnant le loisir d’accorder collectivement toute notre attention à des déconstructions aussi méticuleuses que possible d’affaires judiciaires précises, passées ou actuelles, pour mieux se préparer à affronter la justice et la répression quand nous nous retrouvons contraints de le faire.

Chaque affaire est singulière, et toutes ou presque pourront nous intéresser, qu’elles aient défrayé la chronique, marqué l’Histoire ou qu’elles participent d’un fonctionnement quotidien d’une justice toujours trop près de la vie de tout un chacun, et on espère que comprendre ces affaires spécifiques nous permettra d’en savoir plus sur le fonctionnement de l’ensemble du dispositif, et de trouver comment s’y opposer.

Concrètement, on propose un rendez-vous régulier et public (une fois par programme) pour plonger ensemble dans une affaire choisie préalablement selon les propositions ou occasions, et sur laquelle ceux et celles qui voudront le faire se seront penchés en amont à partir des documents et informations qu’on peut réunir selon les cas, pour restituer aux autres à la fois la construction de l’accusation et la stratégie de défense choisie ainsi que la manière dont elle s’est élaborée. On pourra ensuite tous.tes discuter à partir de ces éléments en s’inspirant des formes de prise en charge collective des défenses qui se sont développées dans les suites de mai 68, par exemple, mais sous une forme « désactualisée », hors des enjeux immédiats d’une défense réelle en cours.

Pas besoin de connaissances spécifiques préalables, bien sûr, pour participer, d’autant plus que le point de vue que nous choisirons d’adopter est celui de tous ceux et toutes celles qui peuvent se retrouver face aux tribunaux et ne sont pas prêt.es à laisser la machine judiciaire les broyer, et non celui des spécialistes ou relais de la justice auquel trop souvent le champ libre est laissé, parce que tout est fait pour nous conduire à le leur abandonner. Il s’agirait donc au contraire de s’habituer à ne plus déserter le champ de l’élaboration collective et de chercher à donner un sens concret à la notion de défense collective.