Cycle de conférences. La décroissance en 4 images politiques [2]. De quoi la décroissance est-elle l’opposition politique ?
{
"name": "Cycle de conf\u00e9rences la d\u00e9croissance en 4 images politiques [2]. De quoi la d\u00e9croissance est-elle l\u2019opposition politique ?" ,
"description": "https:\/\/www.agendamilitant.org\/Cycle-de-conferences-La-decroissance-en-4-images-politiques-2-De-quoi-la.html \n\nCycle de conf\u00e9rences-d\u00e9bats - 4 images politiques pour penser la d\u00e9croissance \n\n\u2013 Mardi 19 mai, \"Quels cadre et sens politique communs pour la d\u00e9croissance\", avec l'image du disque & ses rayons et de l'arbre politique (19h-21h, Fondation pour le progr\u00e8s humain, Paris) \n\n\u2013 Mercredi 20 mai, \"De quoi la d\u00e9croissance est-elle l'opposition politique\", avec l'image de l'icerberg (19h30-21h30, Acad\u00e9mie du Climat, Paris) \n\n\u2013 Jeudi 21 mai, \"Comment comprendre le degr\u00e9 de politisation au sein de la d\u00e9croissance ?\", avec l'image de la permapolitique (19h-21h, Volumes, Paris) \n\nPr\u00e9sentation du sujet \n\nConf\u00e9rence-d\u00e9bat avec Michel Lepesant, fondateur de la Maison commune de la D\u00e9croissance \n\nQuand on d\u00e9finit la d\u00e9croissance comme \"l'opposition politique \u00e0 la croissance\", la premi\u00e8re question qui vient est : \"Qu'entendez-vous par croissance ?\" \n\nPour y r\u00e9pondre, il vous est propos\u00e9 de reprendre l'image classique de l'iceberg pour voir que, si la croissance est une \u00e9conomie, un monde et un r\u00e9gime politique, alors la d\u00e9croissance est une d\u00e9crue (\u00e9conomique), une d\u00e9colonisation (de nos imaginaires) et un renversement politique. \n\nPr\u00e9sentation du contenu \n\nNous ne sommes pas une soci\u00e9t\u00e9 avec une \u00e9conomie de croissance mais nous sommes une soci\u00e9t\u00e9 encastr\u00e9e dans une \u00e9conomie de croissance, autrement dit nous sommes une soci\u00e9t\u00e9 de croissance. \n\nMais alors comment expliquer la r\u00e9ussite de cette emprise de l'\u00e9conomie sur nos syst\u00e8mes sociaux ? \n\n1. Dans un premier temps, nous ne nous laissons pas entra\u00eener par le discours dominant qui revient \u00e0 justifier la domination de l'\u00e9conomie sur nos soci\u00e9t\u00e9s par des raisons... \u00e9conomiques. Autrement dit, nous ne voyons dans l'\u00e9conomie de croissance que la partie \u00e9merg\u00e9e d'un iceberg, pas la totalit\u00e9 de l'iceberg. \n\n2. Dans un deuxi\u00e8me temps, nous h\u00e9ritons de ce que Serge Latouche apporte \u00e0 la d\u00e9croissance = une critique culturelle de la croissance. Il voit dans la croissance un syst\u00e8me de repr\u00e9sentations, de r\u00e9cits et de concepts qui ont colonis\u00e9 les imaginaires des individus modernes. Autrement dit, si le succ\u00e8s de l'emprise \u00e9conomique de la croissance repose sur cette colonisation de nos imaginaires, alors nous en d\u00e9duisons que la d\u00e9colonisation des imaginaires est la condition culturelle d'une sortie de l'\u00e9conomie. \n\n3. Dans un troisi\u00e8me temps, nous constatons malheureusement que le conflit des imaginaires (des r\u00e9cits, des valeurs, des modes de vie, des attachements...) ne suffit pas pour enclencher transition et redirection. \n\n4. C'est l\u00e0 que nous faisons l'hypoth\u00e8se - et l\u00e0 l'apport du sociologue italien Onofrio Romano est d\u00e9cisif - qu'il ne suffit pas d'expliquer l'emprise de l'\u00e9conomie par la colonisation des imaginaires mais qu'il faut aussi expliquer le succ\u00e8s de cette emprise culturelle : d'o\u00f9 l'hypoth\u00e8se que l'\u00e9conomisation, la technologisation et la colonisation de nos vies reposent sur un r\u00e9gime politique. Si nos arguments font \"plouf\", c'est qu'ils se noient dans le milieu dans lequel flotte l'iceberg de la croissance. \n\nCe milieu politique dans lequel flotte l'iceberg de la croissance est un dispositif g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de domination qui ne peut pr\u00e9tendre se justifier qu'en s'appuyant sur une id\u00e9ologie, i.e. une image invers\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9. C'est ce monde \u00e0 l'envers qu'il faut renverser, et pour cela s'attaquer \u00e0 son r\u00e9gime politique qui est fond\u00e9 sur la religion de l'illimitisme, sur la destruction du Commun au profit de l'individualisme, sur une \u00e9conomie politique de la raret\u00e9 et de la p\u00e9nurie. \n\nPr\u00e9sentation de l'association \n\nLa Maison commune de la D\u00e9croissance (la MCD) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 2017 apr\u00e8s deux ans d'un « processus-d\u00e9croissance ». La MCD n'est pas une universit\u00e9 (et elle pr\u00e9f\u00e8re l'\u00e9rudition \u00e0 l'expertise), elle pr\u00e9tend n\u00e9anmoins alimenter depuis des ann\u00e9es un corpus politique d'analyses, de d\u00e9finitions et de propositions qu'elle se r\u00e9jouit de partager, pour rejoindre la voie \"m\u00e9diterran\u00e9enne\" de la d\u00e9croissance. \n\nS'il fallait d\u00e9gager une id\u00e9e politique directrice de ce travail, ce serait la conviction que seule une critique radicale de l'individualisme - et donc de \"l'institution imaginaire de l'individu moderne\" - peut d\u00e9gager la route d'une d\u00e9croissance comme humanisme d'une vie sens\u00e9e. Sur la forme, la MCD veut rappeler qu'il ne peut exister de variations qu'\u00e0 partir d'un fond commun et que, par cons\u00e9quent, ce dont a d'abord besoin la d\u00e9croissance, c'est d'un cadre id\u00e9ologique commun. Voir aussi Eventbrite Voir aussi La Maison de la D\u00e9croissance " ,
"label": "Ajouter à mon calendrier",
"location": "Acad\u00e9mie du Climat 2 Place Baudoyer 75004 Paris " ,
"startDate":"2026-05-20",
"startTime":"19:30",
"endDate":"2026-05-20",
"endTime":"21:30",
"timeZone": "Europe/Berlin",
"options": ["Apple", "iCal|Fichier iCal", "Google", "Microsoft365", "Outlook.com", "Yahoo"],
"iCalFileName": "evenement-agenda-militant"
}
Thèmes :
Lutte pour la protection de l’environnement, écologie
Éducation populaire
Type d'événement :
Réunion publique
Quand ?
Le 20 mai de 19h30 à 21h30,
Où ?
Académie du Climat
2 Place Baudoyer 75004 Paris
#Décroissance
#degrowth
#philosophie
Cycle de conférences-débats - 4 images politiques pour penser la décroissance
– Mardi 19 mai, "Quels cadre et sens politique communs pour la décroissance", avec l’image du disque & ses rayons et de l’arbre politique (19h-21h, Fondation pour le progrès humain, Paris)
– Mercredi 20 mai, "De quoi la décroissance est-elle l’opposition politique", avec l’image de l’icerberg (19h30-21h30, Académie du Climat, Paris)
– Jeudi 21 mai, "Comment comprendre le degré de politisation au sein de la décroissance ?", avec l’image de la permapolitique (19h-21h, Volumes, Paris)
Présentation du sujet
Conférence-débat avec Michel Lepesant, fondateur de la Maison commune de la Décroissance
Quand on définit la décroissance comme "l’opposition politique à la croissance", la première question qui vient est : "Qu’entendez-vous par croissance ?"
Pour y répondre, il vous est proposé de reprendre l’image classique de l’iceberg pour voir que, si la croissance est une économie, un monde et un régime politique, alors la décroissance est une décrue (économique), une décolonisation (de nos imaginaires) et un renversement politique.
Présentation du contenu
Nous ne sommes pas une société avec une économie de croissance mais nous sommes une société encastrée dans une économie de croissance, autrement dit nous sommes une société de croissance.
Mais alors comment expliquer la réussite de cette emprise de l’économie sur nos systèmes sociaux ?
1. Dans un premier temps, nous ne nous laissons pas entraîner par le discours dominant qui revient à justifier la domination de l’économie sur nos sociétés par des raisons... économiques. Autrement dit, nous ne voyons dans l’économie de croissance que la partie émergée d’un iceberg, pas la totalité de l’iceberg.
2. Dans un deuxième temps, nous héritons de ce que Serge Latouche apporte à la décroissance = une critique culturelle de la croissance. Il voit dans la croissance un système de représentations, de récits et de concepts qui ont colonisé les imaginaires des individus modernes. Autrement dit, si le succès de l’emprise économique de la croissance repose sur cette colonisation de nos imaginaires, alors nous en déduisons que la décolonisation des imaginaires est la condition culturelle d’une sortie de l’économie.
3. Dans un troisième temps, nous constatons malheureusement que le conflit des imaginaires (des récits, des valeurs, des modes de vie, des attachements...) ne suffit pas pour enclencher transition et redirection.
4. C’est là que nous faisons l’hypothèse - et là l’apport du sociologue italien Onofrio Romano est décisif - qu’il ne suffit pas d’expliquer l’emprise de l’économie par la colonisation des imaginaires mais qu’il faut aussi expliquer le succès de cette emprise culturelle : d’où l’hypothèse que l’économisation, la technologisation et la colonisation de nos vies reposent sur un régime politique. Si nos arguments font "plouf", c’est qu’ils se noient dans le milieu dans lequel flotte l’iceberg de la croissance.
Ce milieu politique dans lequel flotte l’iceberg de la croissance est un dispositif généralisé de domination qui ne peut prétendre se justifier qu’en s’appuyant sur une idéologie, i.e. une image inversée de la réalité. C’est ce monde à l’envers qu’il faut renverser, et pour cela s’attaquer à son régime politique qui est fondé sur la religion de l’illimitisme, sur la destruction du Commun au profit de l’individualisme, sur une économie politique de la rareté et de la pénurie.
Présentation de l’association
La Maison commune de la Décroissance (la MCD) a été créée en 2017 après deux ans d’un « processus-décroissance ». La MCD n’est pas une université (et elle préfère l’érudition à l’expertise), elle prétend néanmoins alimenter depuis des années un corpus politique d’analyses, de définitions et de propositions qu’elle se réjouit de partager, pour rejoindre la voie "méditerranéenne" de la décroissance.
S’il fallait dégager une idée politique directrice de ce travail, ce serait la conviction que seule une critique radicale de l’individualisme - et donc de "l’institution imaginaire de l’individu moderne" - peut dégager la route d’une décroissance comme humanisme d’une vie sensée. Sur la forme, la MCD veut rappeler qu’il ne peut exister de variations qu’à partir d’un fond commun et que, par conséquent, ce dont a d’abord besoin la décroissance, c’est d’un cadre idéologique commun.