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Ci-gît la camaraderie ? Discussion publique
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"name": "Ci-g\u00eet la camaraderie ? - Discussion publique \u00e0 la biblioth\u00e8que des Fleurs Arctiques" ,
"description": "https:\/\/www.agendamilitant.org\/Ci-git-la-camaraderie-Discussion-publique.html \n\n\"Ci-g\u00eet la camaraderie ?\" - une discussion publique pour r\u00e9fl\u00e9chir ensemble \u00e0 la situation inqui\u00e9tante relative \u00e0 la camaraderie dans les milieux \u00e0 pr\u00e9tention subversive. \n\nCe samedi 13 juin \u00e0 17h. \n\nVenez nombreux ! \n\nLe texte d'invitation \u00e0 discussion \n\n\"Camarades, comparsettes et compagnons, dans quel \u00e9tat se retrouve actuellement ce qu'on voudrait pouvoir encore appeler la camaraderie ? Si on \u00e9tait dans un clip marketing d'\u00e9cologie politique pour culpabiliser quelques minutes un panel savamment choisi de spectateurs, on pourrait dire : dans quel \u00e9tat allons nous laisser, non pas « la plan\u00e8te », mais bien plut\u00f4t les milieux subversifs et l'hypoth\u00e8se r\u00e9volutionnaire ? \n\nL'heure nous semble assez grave pour proposer \u00e0 la discussion une sortede perplexit\u00e9, d'inqui\u00e9tude qui nous prend quand nous nous repr\u00e9sentonsla configuration actuelle des milieux militants, seulement capables de renvoyer chacun \u00e0 sa petite bande, aussi bien face \u00e0 la r\u00e9action qui se r\u00e9pand que face aux al\u00e9as r\u00e9pressifs in\u00e9vitables de l'intervention quelle qu'en soit la forme, l\u00e0 o\u00f9 il y aurait bien plut\u00f4t un besoin urgent de cette consistance et cette confiance qui seules peuvent ouvrir nos marges de manoeuvres. Il ne s'agit pas de r\u00e9agir \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement particuli\u00e8rement scandaleux (et pourtant les exemples ne manquent pas...), mais de partager le sentiment diffus et persistant d'une lente mais vertigineuse perte de consistance, voire de d\u00e9composition des milieux « anars », « autonomes », « subversifs », alors m\u00eame que tout le monde semble pr\u00e9occup\u00e9 \u00e0 « composer » \u00e0 qui mieux mieux. \n\nQuand c'est l'id\u00e9ologie de la composition qui triomphe dans les espaces d'organisation, c'est-\u00e0-dire qu'on con\u00e7oit l'organisation collective comme un simple agr\u00e9gat de diff\u00e9rents groupes avec chacun leurs int\u00e9r\u00eats propres et sp\u00e9cifiques qui doivent juste trouver un point minimal sur lequel s'entendre, comment alors cr\u00e9er une \u00e9mulation collective vers des objectifs communs qui d\u00e9passent ces logiques de groupe ? \n\nQuand \u00e0 l'int\u00e9rieur m\u00eame de chaque groupe, chacun se repr\u00e9sente en train de composer avec les autres sur ces m\u00eames bases d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, toujours dans la d\u00e9fiance, comme dans une organisation trotskyste mais \u00e0 l'\u00e9chelle individuelle, comment alors se fier \u00e0 ce qui en sort comme proposition politique et pratique ? \n\nQuand un ethos mis\u00e9rabiliste et sur-angoiss\u00e9 r\u00e8gne en permanence d\u00e8s lors que la r\u00e9pression menace de pointer son nez (c'est \u00e0 dire finalement \u00e0 peu pr\u00e8s d\u00e8s qu'une forme d'intervention m\u00eame minimale est envisag\u00e9e), comment alors esp\u00e9rer \u00eatre \u00e0 la hauteur de la situation face \u00e0 l'\u00c9tat et au Capital ? \n\nQuand ce sont le plus souvent les avocats qui se retrouvent \u00e0 poser les limites des modes d'action dans les milieux « autonomes », et que tout le monde s'y soumet sans piper mot, comment alors penser qu'une d\u00e9fense collective dans l'int\u00e9r\u00eat des militants r\u00e9prim\u00e9s pourrait s'organiser ? \n\nQuand r\u00e8gne un climat de suspicion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e dans les espaces collectifs, o\u00f9 tous ceux qui, contrairement \u00e0 la tendance \u00e0 la d\u00e9responsabilisation actuelle, mettent la main \u00e0 la p\u00e2te dans l'organisation peuvent ensuite se faire accuser « d'envoyer des gens en GAV », comment alors ne serait-ce qu'envisager l'organisation et l'action, sans craindre d'\u00eatre expos\u00e9 \u00e0 la r\u00e9pression ou \u00e0 la justice interne au « milieu » (qui int\u00e9resse particuli\u00e8rement la justice de l'\u00c9tat) ? \n\nQuand les standards de s\u00e9curit\u00e9 consistent \u00e0 faire confiance \u00e0 Signal pour ne pas \u00eatre accessible \u00e0 la surveillance polici\u00e8re, alors m\u00eame qu'il n'y a aucune visibilit\u00e9 sur qui est inscrit sur ces groupes, comme si ce n'\u00e9tait pas une affaire collective de se pr\u00e9server d'une pr\u00e9visible pr\u00e9sence polici\u00e8re (beaucoup plus simple d'ailleurs pour les flics qui peuvent d\u00e9sormais \u00eatre quasiment en tant qu'eux-m\u00eames dans les discussions), comment installer et p\u00e9renniser la confiance dans les processus d'\u00e9laboration collective ? \n\nQuand les int\u00e9r\u00eats particuliers relatifs \u00e0 la petite vie de chacun et le lib\u00e9ralisme triomphent, face \u00e0 l'action, l'engagement mais aussi face \u00e0 la r\u00e9pression (« \u00e7a va \u00eatre chaud de venir \u00e0 l'action l\u00e0 car j'ai un verre ce soir avec les potes », « j'ai parl\u00e9 en GAV mais en m\u00eame temps sinon j'allais peut-\u00eatre rester encore 24h de plus ! »), comment encore avoir confiance dans celui ou celle qui se trouve \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s ? \n\nQuand ce sont les bruits de couloir, les rumeurs, la mondanit\u00e9, qui r\u00e8glent les rapports humains et la participation dans les espaces de lutte (qui d\u00e9cide de qui va \u00e0 telle action, \u00e0 telle AG, qui partage quelle initiative, ou de qui les \u00e9vite car il y a des gens dont la t\u00eate ne leur reviennent pas) au lieu des perspectives \u00e9nonc\u00e9es par ces espaces, comment alors pouvons-nous encore avoir l'espoir de former des mouvements, des mobilisations collectives bas\u00e9es sur l'association libre des uns et des autres en fonction de leurs d\u00e9sirs et de leurs perspectives ? \n\nQuand les d\u00e9saccords politiques et les diff\u00e9rences de perspectives, sont \u00e9vit\u00e9es l\u00e2chement, balay\u00e9es d'un revers de main comme des « embrouilles de milieu » ou des futilit\u00e9s, ou alors exprim\u00e9es \u00e0 la va-vite sur des conversations « crypt\u00e9es » par d'obscurs pseudos sans pouvoir savoir qui est derri\u00e8re le compte, comment alors pouvons-nous encore faire confiance \u00e0 l'intelligence et \u00e0 la discussion collective, faite de moments d'\u00e9changes, avec leur lot de compr\u00e9hensions et de d\u00e9saccords, qu'il faut bien traverser pour que s'inventent propositions et pratiques qui chacun nous d\u00e9passent ? \n\nQuand la camaraderie se perd et que la lutte ne ressemble plus \u00e0 un mouvement collectif mais \u00e0 une r\u00e9union d'individualit\u00e9s ou de groupes fiers de leur chapelle pr\u00e9 fabriqu\u00e9e, et ne manifestant plus aucun d\u00e9sir d'\u00eatre transform\u00e9s par et dans la lutte, et plus encore, quand on dirait que chacun utilise une grande partie de son \u00e9nergie \u00e0 s'y opposer, comment alors envisager la possibilit\u00e9 d'autres rapports humains dans et par la lutte, bien loin de ceux que nous connaissons dans le morne monde du Capital et de l'\u00c9tat ? \n\nCamarades, comparsettes et compagnons, si nous proposons cette discussion, c'est parce que nous aspirons \u00e0 retrouver la possibilit\u00e9 d'une confiance au-del\u00e0 des milieux d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9s et d\u00e9sormais exsangues et imbus de leur pr\u00e9 carr\u00e9, d'une camaraderie qui permette au del\u00e0 des d\u00e9saccords qui y auraient bien s\u00fbr leur place, de savoir se tenir ensemble pour attaquer l'\u00c9tat et le Capital, comme il semble bon \u00e0 chacun, mais avec la certitude que face \u00e0 l'\u00c9tat, aucune dissociation et aucun abandon n'est tol\u00e9rable. Comprendre comment on en est arriv\u00e9 l\u00e0 est peut-\u00eatre un premier pas pour y arriver.\" Voir aussi Les Fleurs arctiques " ,
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Thèmes :
Lutte des classes, travail et internationalisme
Lutte des migrant·es et sans-papiers, antiracisme politique, décolonisation
Type d'événement :
Réunion publique
Quand ?
Cet événement est passé
Samedi 13 juin à 17h00,
Où ?
Les Fleurs arctiques
45, rue du Pré Saint-Gervais 75019 Paris
"Ci-gît la camaraderie ?" - une discussion publique pour réfléchir ensemble à la situation inquiétante relative à la camaraderie dans les milieux à prétention subversive.
Ce samedi 13 juin à 17h.
Venez nombreux !
Le texte d’invitation à discussion
"Camarades, comparsettes et compagnons, dans quel état se retrouve actuellement ce qu’on voudrait pouvoir encore appeler la camaraderie ? Si on était dans un clip marketing d’écologie politique pour culpabiliser quelques minutes un panel savamment choisi de spectateurs, on pourrait dire : dans quel état allons nous laisser, non pas « la planète », mais bien plutôt les milieux subversifs et l’hypothèse révolutionnaire ?
L’heure nous semble assez grave pour proposer à la discussion une sortede perplexité, d’inquiétude qui nous prend quand nous nous représentonsla configuration actuelle des milieux militants, seulement capables de renvoyer chacun à sa petite bande, aussi bien face à la réaction qui se répand que face aux aléas répressifs inévitables de l’intervention quelle qu’en soit la forme, là où il y aurait bien plutôt un besoin urgent de cette consistance et cette confiance qui seules peuvent ouvrir nos marges de manoeuvres. Il ne s’agit pas de réagir à un événement particulièrement scandaleux (et pourtant les exemples ne manquent pas...), mais de partager le sentiment diffus et persistant d’une lente mais vertigineuse perte de consistance, voire de décomposition des milieux « anars », « autonomes », « subversifs », alors même que tout le monde semble préoccupé à « composer » à qui mieux mieux.
Quand c’est l’idéologie de la composition qui triomphe dans les espaces d’organisation, c’est-à-dire qu’on conçoit l’organisation collective comme un simple agrégat de différents groupes avec chacun leurs intérêts propres et spécifiques qui doivent juste trouver un point minimal sur lequel s’entendre, comment alors créer une émulation collective vers des objectifs communs qui dépassent ces logiques de groupe ?
Quand à l’intérieur même de chaque groupe, chacun se représente en train de composer avec les autres sur ces mêmes bases délétères, toujours dans la défiance, comme dans une organisation trotskyste mais à l’échelle individuelle, comment alors se fier à ce qui en sort comme proposition politique et pratique ?
Quand un ethos misérabiliste et sur-angoissé règne en permanence dès lors que la répression menace de pointer son nez (c’est à dire finalement à peu près dès qu’une forme d’intervention même minimale est envisagée), comment alors espérer être à la hauteur de la situation face à l’État et au Capital ?
Quand ce sont le plus souvent les avocats qui se retrouvent à poser les limites des modes d’action dans les milieux « autonomes », et que tout le monde s’y soumet sans piper mot, comment alors penser qu’une défense collective dans l’intérêt des militants réprimés pourrait s’organiser ?
Quand règne un climat de suspicion généralisée dans les espaces collectifs, où tous ceux qui, contrairement à la tendance à la déresponsabilisation actuelle, mettent la main à la pâte dans l’organisation peuvent ensuite se faire accuser « d’envoyer des gens en GAV », comment alors ne serait-ce qu’envisager l’organisation et l’action, sans craindre d’être exposé à la répression ou à la justice interne au « milieu » (qui intéresse particulièrement la justice de l’État) ?
Quand les standards de sécurité consistent à faire confiance à Signal pour ne pas être accessible à la surveillance policière, alors même qu’il n’y a aucune visibilité sur qui est inscrit sur ces groupes, comme si ce n’était pas une affaire collective de se préserver d’une prévisible présence policière (beaucoup plus simple d’ailleurs pour les flics qui peuvent désormais être quasiment en tant qu’eux-mêmes dans les discussions), comment installer et pérenniser la confiance dans les processus d’élaboration collective ?
Quand les intérêts particuliers relatifs à la petite vie de chacun et le libéralisme triomphent, face à l’action, l’engagement mais aussi face à la répression (« ça va être chaud de venir à l’action là car j’ai un verre ce soir avec les potes », « j’ai parlé en GAV mais en même temps sinon j’allais peut-être rester encore 24h de plus ! »), comment encore avoir confiance dans celui ou celle qui se trouve à nos côtés ?
Quand ce sont les bruits de couloir, les rumeurs, la mondanité, qui règlent les rapports humains et la participation dans les espaces de lutte (qui décide de qui va à telle action, à telle AG, qui partage quelle initiative, ou de qui les évite car il y a des gens dont la tête ne leur reviennent pas) au lieu des perspectives énoncées par ces espaces, comment alors pouvons-nous encore avoir l’espoir de former des mouvements, des mobilisations collectives basées sur l’association libre des uns et des autres en fonction de leurs désirs et de leurs perspectives ?
Quand les désaccords politiques et les différences de perspectives, sont évitées lâchement, balayées d’un revers de main comme des « embrouilles de milieu » ou des futilités, ou alors exprimées à la va-vite sur des conversations « cryptées » par d’obscurs pseudos sans pouvoir savoir qui est derrière le compte, comment alors pouvons-nous encore faire confiance à l’intelligence et à la discussion collective, faite de moments d’échanges, avec leur lot de compréhensions et de désaccords, qu’il faut bien traverser pour que s’inventent propositions et pratiques qui chacun nous dépassent ?
Quand la camaraderie se perd et que la lutte ne ressemble plus à un mouvement collectif mais à une réunion d’individualités ou de groupes fiers de leur chapelle pré fabriquée, et ne manifestant plus aucun désir d’être transformés par et dans la lutte, et plus encore, quand on dirait que chacun utilise une grande partie de son énergie à s’y opposer, comment alors envisager la possibilité d’autres rapports humains dans et par la lutte, bien loin de ceux que nous connaissons dans le morne monde du Capital et de l’État ?
Camarades, comparsettes et compagnons, si nous proposons cette discussion, c’est parce que nous aspirons à retrouver la possibilité d’une confiance au-delà des milieux déjà constitués et désormais exsangues et imbus de leur pré carré, d’une camaraderie qui permette au delà des désaccords qui y auraient bien sûr leur place, de savoir se tenir ensemble pour attaquer l’État et le Capital, comme il semble bon à chacun, mais avec la certitude que face à l’État, aucune dissociation et aucun abandon n’est tolérable. Comprendre comment on en est arrivé là est peut-être un premier pas pour y arriver."