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Appel à rassemblement contre le Pacte asile immigration et le Règlement retour

Thèmes :
Lutte des migrant·es et sans-papiers, antiracisme politique, décolonisation

Type d'événement :
Rassemblement

Quand ?

Cet événement est passé
Jeudi 2 juillet de 17h00 à 20h00,

Où ?
Siège SOS Solidarités
102C, rue Amelot, 75011, Paris

#PacteAsileImmigration #RèglementRetour

Il y a quelques jours, la droite et l’extrême-droite du Parlement européen scandaient "Send them back" (« Renvoyez-les ») après avoir voté l’application du Règlement retour et du Pacte européen sur l’asile et la migration. Ces lois vont rendre possible l’enfermement toujours plus long de milliers de personnes aux frontières de l’UE, leur déportation vers des prisons dans des pays qu’elles ne connaissent pas, et les perquisitions de police dans les domiciles et lieux d’accueil. Nous refusons de laisser l’équivalent de l’ICE s’installer en Europe pour traquer nos voi sin. es, collègues, ami.es.

Nous refusons de laisser les fascistes cracher leur haine et faire leurs lois, décider qui est bienvenu.e et qui ne l’est pas.

Nos dirigeants racistes choisissent de verser des millions à Frontex et à des pays étrangers pour y déporter et enfermer des personnes migrantes (par exemple, l’accord que les Pays-bas sont en train de passer avec l’Ouganda). Tous profitent de la machine à expulser - on compte nos mort.es pendant qu’ils comptent leurs billets.

Ils ne sont pas les seuls. Des entreprises et associations françaises collaborent elles aussi à l’application concrète de ces lois : le cabinet d’architecture A26 construit le centre de rétention (CRA) de Dijon, Air France permet l’expulsion de centaines de personnes chaque année à bord de ses vols. Le Groupe SOS Solidarités, géant du monde associatif qui ne cache pas ses liens avec le gouvernement, a sauté sur l’appel d’offre cherchant une association pour gérer les lieux de privation de liberté à l’aéroport de Roissy. En répondant aux ordres de l’État et en accomplissant son sale boulot, il est responsable de la mise en place des politiques migratoires fascistes que l’État n’aurait autrement pas la capacité d’appliquer.

Nous le répétons : quand on attaque la liberté de circulation, c’est l’ensemble de nos libertés qui sont attaquées. Contre ces lois mortifères, nous lançons une série de mobilisations : collages, créations de réseaux de solidarité contre les rafles, manifestations devant des ambassades, entreprises et associations complices...

Rejoignez-nous pour abattre l’Europe forteresse et renforcer les collectifs de sans-papiers et de mineur.es isolé.es en lutte pour l’égalité des droits.

On vous appelle dès le jeudi 2 juillet à 17h00 pour manifester devant le siège du Groupe SOS au 102C, rue Amelot, 75011 Paris pour exiger son retrait du de l’aéroport de Roissy et faire pression sur toutes les associations et entreprises qui acceptent des appels d’offre. Non aux collabos de la machine à expulser !

Texte sur le groupe SOS :

Le 12 juin, le Pacte Asile et migration est entré en vigueur en France ; dans la foulée, le règlement Retour est adopté quelques jours plus tard. Ces textes contiennent toute une série de mesures racistes marquant un nouveau durcissement des politiques migratoires européennes : enfermement toujours plus long de milliers de personnes aux frontières de l’UE, déportation vers des prisons dans des pays qu’elles ne connaissent pas, et perquisitions de police dans les domiciles et lieux d’accueil.

Ces nouvelles mesures nécessitent non seulement un changement législatif au niveau francais mais aussi le déploiement de moyens permettant l’application de ces lois : sans les cabinets d’architecture comme A26 qui construisent les nouveaux centres de rétention, impossible d’enfermer autant de personnes. Sans Air France qui expulse physiquement les personnes, impossible de déporter les personnes vers les prisons à l’étranger. Sans les associations qui gèrent les hôtels où sont détenues les personnes exilées - le temps que leur demande soit examinée à la frontière -, impossible d’appliquer la procédure de demande d’asile accélérée. En répondant aux ordres de l’État et en accomplissant son sale boulot, ces entreprises et associations francaises sont responsables de la mise en place des politiques migratoires fascistes que l’État n’aurait autrement pas la capacité d’appliquer.

Le Groupe SOS Solidarités n’a pas hésité une seconde avant de répondre à la demande de l’État cherchant une association pour gérer les lieux de privation de liberté à l’aéroport de Roissy.

Qui est le groupe SOS, mandaté par l’État pour gérer l’enfermement des demandeur-ses d’asile à Roissy ?

Malgré un nom qui se veut trompeur, le Groupe SOS n’a rien de solidaire : il s’agit d’une machine dont l’objectif premier est de faire du profit en engloutissant de petites associations en faillite et en répondant à des appels d’offre pour des projets plus dégueulasses les uns que les autres.

A sa tête, Jean-Marc Borello, entrepreneur qui fait carrière et fortune dans l’associatif depuis les années 80 et la fondation d’une association de lutte contre la toxicomanie a Marseille. Aujourd’hui président du Groupe SOS, il se déplace avec un chauffeur et passe ses week-ends dans une propriété appartenant au groupe, avec piscine, jaccuzzi et kangourous.

Le modèle qu’il défend et dont le Groupe SOS est devenu l’emblème : l’économie sociale et solidaire (ESS), une branche qui veut soi-disant concilier activité économique et équité sociale, en faisant de la thune sur le dos des plus précaires. Cet objectif est assumé par Bollero, qui ne cache pas sa volonté d’être en concurrence avec le privé.

D’ou vient cet argent ?

Le groupe est passé de 4000 salariés et 220 établissements en 2010 a 22 500 salariés et 850 structures en 2024, son chiffre d’affaires étant équivalent à 1,26 milliard d’euros en 2023.

Cette croissance résulte d’un système bien rodé : Le Groupe SOS reprend des associations en faillite, remplace l’intégralité de l’administration, nomme de nouveaux directeurs, prend le contrôle de la gestion financière et du développement des activités. En échange d’être sauvée de la faillite, l’association se fait entièrement bouffer par le groupe et doit même lui verser 3 à 4% de son budget. Certaines associations annoncent que seules les missions lucratives sont maintenues, au détriment de l’objectif initial. À cela s’ajoute la dégradation des conditions de travail, notamment dénoncée par un envahissement du siège du Groupe SOS lors d’une grève des travailleurs sociaux en 2018.

Quand une structure rejoint le Groupe SOS, elle apporte avec elle son patrimoine immobilier, c’est d’ailleurs une des conditions pour pouvoir être reprise. En 2023, le groupe était propriétaire de 650 000 mètres carrés valorisés à 800 millions d’euros. L’immobilier appartient à "Alterna", une structure créée en 1995 dans l’objectif de gérer l’immobilier, qui vend aussi des biens dont elle n’a plus l’usage. Les membres du cercle proche de Borello peuvent eux aussi en profiter : en 2018 Le Monde faisait état d’appartements parisiens vendus a prix largement inférieurs à ceux du marché à des cadres du groupe.

Au sein du groupe existent aussi d’autres branches lucratives, comme l’entreprise d’insertion Even IT, des entreprises de commerce équitable (Alter Mundi), une filiale d’investissement (SOS Participation) et une branche de conseil auprès des acteurs publics (SOS Consulting).

Et puis c’est bien sûr en repondant à des appels d’offres publics ou à des demandes directes de l’État que le Groupe SOS se remplit les poches. Prises en charge de personnes radicalisées, media training de politiques, gestion d’hôpitaux et d’EPHAD, etc.

Il participe aussi à la politique raciste du gouvernement en agissant dans les centres de rétention administrative (CRA) via son association Assfam en travaillant main dans la main avec l’État dans la gestion d’une multitude de structures d’hébergements des migrants.

Le Groupe SOS gère ainsi des places en dispositifs pérennes ou d’urgence dédiés aux migrant.es : il gère 12 centres d’accueil de demandeurs et demandeuses d’asile (CADA), 10 centres d’hébergement d’urgence pour migrant.es (CHUM) et centres d’accueil et d’orientation (CAO), ainsi que des centres provisoires d’hébergement et des hébergements dédiés à l’accueil des mineur.es non accompagné.es... le tout dans le cadre de plans gouvernementaux et sous l’égide de l’État.

Le Groupe SOS s’est aussi spécialisé dans l’enfermement des jeunes puisqu’il gère des centres éducatifs fermés (CEF) et centres éducatifs renforcés (CER). Ces antichambres de la prison, à mi-chemin entre le foyer et la taule, sont présentées par l’État comme une alternative à l’incarcération.

La quantité d’appels d’offres remportés s’explique par les liens étroits entre le gouvernement et les cadres du Groupe SOS. C’est Jean-Marc Borello, qui, alors qu’il était professeur à Sciences Po, a préparé Macron à son concours de l’ENA. Une faveur qui lui a été rendue par la suite. Il a participé au programme de 2017 d’En Marche, en 2018, présidait la commission chargée de choisir les candidats pour les élections européennes, et a fait partie du comité pour préparer la présidentielle de 2022.

Par ailleurs, l’association sert souvent de tremplin pour intégrer les lieux de pouvoir par la suite : l’ancien vice-président de l’association à été nommé conseiller spécial pour l’économie sociale et solidaire auprès de la Commission européenne, un autre membre de la direction a quant à lui dirigé une association créée par le cabinet de conseil McKinsey puis est devenu conseiller au ministère du Travail.

Il n’est donc pas étonnant que l’association ait été choisie pour gérer les lieux de privation de liberté à l’aéroport de Roissy dans le cadre de la mise en place de la nouvelle procédure d’asile à la frontière qui prévoit l’enfermement des demandeur-ses d’asile jusqu’à 12 semaines pendant l’examen de leur demande.

Non, le Groupe SOS ne veille pas au respect des "conditions dignes" comme le prétend la directrice générale. Au contraire, il accomplit un travail sans lequel les politiques migratoires européennes ne pourraient pas etre mises en place.

Pour lutter contre les lois racistes et répressives de l’Union Européenne, luttons contre les acteurs qui se font de l’argent en les appliquant, comme le groupe SOS qui doit être mis face à son hypocrisie : non, on n’agit pas pour "le vivre ensemble" et "au profit de tous" quand on fait son business sur l’enfermement, et qu’on participe à enfermer des personnes venues demander l’asile.