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Appel à rassemblement contre le Pacte asile immigration et le Règlement retour
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"name": "Appel \u00e0 rassemblement contre le Pacte asile immigration et le R\u00e8glement retour" ,
"description": "https:\/\/www.agendamilitant.org\/Appel-a-rassemblement-contre-le-Pacte-asile-immigration-et-le-Reglement-retour.html \n\nIl y a quelques jours, la droite et l'extr\u00eame-droite du Parlement europ\u00e9en scandaient \"Send them back\" (« Renvoyez-les ») apr\u00e8s avoir vot\u00e9 l'application du R\u00e8glement retour et du Pacte europ\u00e9en sur l'asile et la migration. Ces lois vont rendre possible l'enfermement toujours plus long de milliers de personnes aux fronti\u00e8res de l'UE, leur d\u00e9portation vers des prisons dans des pays qu'elles ne connaissent pas, et les perquisitions de police dans les domiciles et lieux d'accueil. Nous refusons de laisser l'\u00e9quivalent de l'ICE s'installer en Europe pour traquer nos voi sin. es, coll\u00e8gues, ami.es. \n\nNous refusons de laisser les fascistes cracher leur haine et faire leurs lois, d\u00e9cider qui est bienvenu.e et qui ne l'est pas. \n\nNos dirigeants racistes choisissent de verser des millions \u00e0 Frontex et \u00e0 des pays \u00e9trangers pour y d\u00e9porter et enfermer des personnes migrantes (par exemple, l'accord que les Pays-bas sont en train de passer avec l'Ouganda). Tous profitent de la machine \u00e0 expulser - on compte nos mort.es pendant qu'ils comptent leurs billets. \n\nIls ne sont pas les seuls. Des entreprises et associations fran\u00e7aises collaborent elles aussi \u00e0 l'application concr\u00e8te de ces lois : le cabinet d'architecture A26 construit le centre de r\u00e9tention (CRA) de Dijon, Air France permet l'expulsion de centaines de personnes chaque ann\u00e9e \u00e0 bord de ses vols. Le Groupe SOS Solidarit\u00e9s, g\u00e9ant du monde associatif qui ne cache pas ses liens avec le gouvernement, a saut\u00e9 sur l'appel d'offre cherchant une association pour g\u00e9rer les lieux de privation de libert\u00e9 \u00e0 l'a\u00e9roport de Roissy. En r\u00e9pondant aux ordres de l'\u00c9tat et en accomplissant son sale boulot, il est responsable de la mise en place des politiques migratoires fascistes que l'\u00c9tat n'aurait autrement pas la capacit\u00e9 d'appliquer. \n\nNous le r\u00e9p\u00e9tons : quand on attaque la libert\u00e9 de circulation, c'est l'ensemble de nos libert\u00e9s qui sont attaqu\u00e9es. Contre ces lois mortif\u00e8res, nous lan\u00e7ons une s\u00e9rie de mobilisations : collages, cr\u00e9ations de r\u00e9seaux de solidarit\u00e9 contre les rafles, manifestations devant des ambassades, entreprises et associations complices... \n\nRejoignez-nous pour abattre l'Europe forteresse et renforcer les collectifs de sans-papiers et de mineur.es isol\u00e9.es en lutte pour l'\u00e9galit\u00e9 des droits. \n\nOn vous appelle d\u00e8s le jeudi 2 juillet \u00e0 17h00 pour manifester devant le si\u00e8ge du Groupe SOS au 102C, rue Amelot, 75011 Paris pour exiger son retrait du de l'a\u00e9roport de Roissy et faire pression sur toutes les associations et entreprises qui acceptent des appels d'offre. Non aux collabos de la machine \u00e0 expulser ! \n\nTexte sur le groupe SOS : \n\nLe 12 juin, le Pacte Asile et migration est entr\u00e9 en vigueur en France ; dans la foul\u00e9e, le r\u00e8glement Retour est adopt\u00e9 quelques jours plus tard. Ces textes contiennent toute une s\u00e9rie de mesures racistes marquant un nouveau durcissement des politiques migratoires europ\u00e9ennes : enfermement toujours plus long de milliers de personnes aux fronti\u00e8res de l'UE, d\u00e9portation vers des prisons dans des pays qu'elles ne connaissent pas, et perquisitions de police dans les domiciles et lieux d'accueil. \n\nCes nouvelles mesures n\u00e9cessitent non seulement un changement l\u00e9gislatif au niveau francais mais aussi le d\u00e9ploiement de moyens permettant l'application de ces lois : sans les cabinets d'architecture comme A26 qui construisent les nouveaux centres de r\u00e9tention, impossible d'enfermer autant de personnes. Sans Air France qui expulse physiquement les personnes, impossible de d\u00e9porter les personnes vers les prisons \u00e0 l'\u00e9tranger. Sans les associations qui g\u00e8rent les h\u00f4tels o\u00f9 sont d\u00e9tenues les personnes exil\u00e9es - le temps que leur demande soit examin\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re -, impossible d'appliquer la proc\u00e9dure de demande d'asile acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. En r\u00e9pondant aux ordres de l'\u00c9tat et en accomplissant son sale boulot, ces entreprises et associations francaises sont responsables de la mise en place des politiques migratoires fascistes que l'\u00c9tat n'aurait autrement pas la capacit\u00e9 d'appliquer. \n\nLe Groupe SOS Solidarit\u00e9s n'a pas h\u00e9sit\u00e9 une seconde avant de r\u00e9pondre \u00e0 la demande de l'\u00c9tat cherchant une association pour g\u00e9rer les lieux de privation de libert\u00e9 \u00e0 l'a\u00e9roport de Roissy. \n\nQui est le groupe SOS, mandat\u00e9 par l'\u00c9tat pour g\u00e9rer l'enfermement des demandeur-ses d'asile \u00e0 Roissy ? \n\nMalgr\u00e9 un nom qui se veut trompeur, le Groupe SOS n'a rien de solidaire : il s'agit d'une machine dont l'objectif premier est de faire du profit en engloutissant de petites associations en faillite et en r\u00e9pondant \u00e0 des appels d'offre pour des projets plus d\u00e9gueulasses les uns que les autres. \n\nA sa t\u00eate, Jean-Marc Borello, entrepreneur qui fait carri\u00e8re et fortune dans l'associatif depuis les ann\u00e9es 80 et la fondation d'une association de lutte contre la toxicomanie a Marseille. Aujourd'hui pr\u00e9sident du Groupe SOS, il se d\u00e9place avec un chauffeur et passe ses week-ends dans une propri\u00e9t\u00e9 appartenant au groupe, avec piscine, jaccuzzi et kangourous. \n\nLe mod\u00e8le qu'il d\u00e9fend et dont le Groupe SOS est devenu l'embl\u00e8me : l'\u00e9conomie sociale et solidaire (ESS), une branche qui veut soi-disant concilier activit\u00e9 \u00e9conomique et \u00e9quit\u00e9 sociale, en faisant de la thune sur le dos des plus pr\u00e9caires. Cet objectif est assum\u00e9 par Bollero, qui ne cache pas sa volont\u00e9 d'\u00eatre en concurrence avec le priv\u00e9. \n\nD'ou vient cet argent ? \n\nLe groupe est pass\u00e9 de 4000 salari\u00e9s et 220 \u00e9tablissements en 2010 a 22 500 salari\u00e9s et 850 structures en 2024, son chiffre d'affaires \u00e9tant \u00e9quivalent \u00e0 1,26 milliard d'euros en 2023. \n\nCette croissance r\u00e9sulte d'un syst\u00e8me bien rod\u00e9 : Le Groupe SOS reprend des associations en faillite, remplace l'int\u00e9gralit\u00e9 de l'administration, nomme de nouveaux directeurs, prend le contr\u00f4le de la gestion financi\u00e8re et du d\u00e9veloppement des activit\u00e9s. En \u00e9change d'\u00eatre sauv\u00e9e de la faillite, l'association se fait enti\u00e8rement bouffer par le groupe et doit m\u00eame lui verser 3 \u00e0 4% de son budget. Certaines associations annoncent que seules les missions lucratives sont maintenues, au d\u00e9triment de l'objectif initial. \u00c0 cela s'ajoute la d\u00e9gradation des conditions de travail, notamment d\u00e9nonc\u00e9e par un envahissement du si\u00e8ge du Groupe SOS lors d'une gr\u00e8ve des travailleurs sociaux en 2018. \n\nQuand une structure rejoint le Groupe SOS, elle apporte avec elle son patrimoine immobilier, c'est d'ailleurs une des conditions pour pouvoir \u00eatre reprise. En 2023, le groupe \u00e9tait propri\u00e9taire de 650 000 m\u00e8tres carr\u00e9s valoris\u00e9s \u00e0 800 millions d'euros. L'immobilier appartient \u00e0 \"Alterna\", une structure cr\u00e9\u00e9e en 1995 dans l'objectif de g\u00e9rer l'immobilier, qui vend aussi des biens dont elle n'a plus l'usage. Les membres du cercle proche de Borello peuvent eux aussi en profiter : en 2018 Le Monde faisait \u00e9tat d'appartements parisiens vendus a prix largement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux du march\u00e9 \u00e0 des cadres du groupe. \n\nAu sein du groupe existent aussi d'autres branches lucratives, comme l'entreprise d'insertion Even IT, des entreprises de commerce \u00e9quitable (Alter Mundi), une filiale d'investissement (SOS Participation) et une branche de conseil aupr\u00e8s des acteurs publics (SOS Consulting). \n\nEt puis c'est bien s\u00fbr en repondant \u00e0 des appels d'offres publics ou \u00e0 des demandes directes de l'\u00c9tat que le Groupe SOS se remplit les poches. Prises en charge de personnes radicalis\u00e9es, media training de politiques, gestion d'h\u00f4pitaux et d'EPHAD, etc. \n\nIl participe aussi \u00e0 la politique raciste du gouvernement en agissant dans les centres de r\u00e9tention administrative (CRA) via son association Assfam en travaillant main dans la main avec l'\u00c9tat dans la gestion d'une multitude de structures d'h\u00e9bergements des migrants. \n\nLe Groupe SOS g\u00e8re ainsi des places en dispositifs p\u00e9rennes ou d'urgence d\u00e9di\u00e9s aux migrant.es : il g\u00e8re 12 centres d'accueil de demandeurs et demandeuses d'asile (CADA), 10 centres d'h\u00e9bergement d'urgence pour migrant.es (CHUM) et centres d'accueil et d'orientation (CAO), ainsi que des centres provisoires d'h\u00e9bergement et des h\u00e9bergements d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l'accueil des mineur.es non accompagn\u00e9.es... le tout dans le cadre de plans gouvernementaux et sous l'\u00e9gide de l'\u00c9tat. \n\nLe Groupe SOS s'est aussi sp\u00e9cialis\u00e9 dans l'enfermement des jeunes puisqu'il g\u00e8re des centres \u00e9ducatifs ferm\u00e9s (CEF) et centres \u00e9ducatifs renforc\u00e9s (CER). Ces antichambres de la prison, \u00e0 mi-chemin entre le foyer et la taule, sont pr\u00e9sent\u00e9es par l'\u00c9tat comme une alternative \u00e0 l'incarc\u00e9ration. \n\nLa quantit\u00e9 d'appels d'offres remport\u00e9s s'explique par les liens \u00e9troits entre le gouvernement et les cadres du Groupe SOS. C'est Jean-Marc Borello, qui, alors qu'il \u00e9tait professeur \u00e0 Sciences Po, a pr\u00e9par\u00e9 Macron \u00e0 son concours de l'ENA. Une faveur qui lui a \u00e9t\u00e9 rendue par la suite. Il a particip\u00e9 au programme de 2017 d'En Marche, en 2018, pr\u00e9sidait la commission charg\u00e9e de choisir les candidats pour les \u00e9lections europ\u00e9ennes, et a fait partie du comit\u00e9 pour pr\u00e9parer la pr\u00e9sidentielle de 2022. \n\nPar ailleurs, l'association sert souvent de tremplin pour int\u00e9grer les lieux de pouvoir par la suite : l'ancien vice-pr\u00e9sident de l'association \u00e0 \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 conseiller sp\u00e9cial pour l'\u00e9conomie sociale et solidaire aupr\u00e8s de la Commission europ\u00e9enne, un autre membre de la direction a quant \u00e0 lui dirig\u00e9 une association cr\u00e9\u00e9e par le cabinet de conseil McKinsey puis est devenu conseiller au minist\u00e8re du Travail. \n\nIl n'est donc pas \u00e9tonnant que l'association ait \u00e9t\u00e9 choisie pour g\u00e9rer les lieux de privation de libert\u00e9 \u00e0 l'a\u00e9roport de Roissy dans le cadre de la mise en place de la nouvelle proc\u00e9dure d'asile \u00e0 la fronti\u00e8re qui pr\u00e9voit l'enfermement des demandeur-ses d'asile jusqu'\u00e0 12 semaines pendant l'examen de leur demande. \n\nNon, le Groupe SOS ne veille pas au respect des \"conditions dignes\" comme le pr\u00e9tend la directrice g\u00e9n\u00e9rale. Au contraire, il accomplit un travail sans lequel les politiques migratoires europ\u00e9ennes ne pourraient pas etre mises en place. \n\nPour lutter contre les lois racistes et r\u00e9pressives de l'Union Europ\u00e9enne, luttons contre les acteurs qui se font de l'argent en les appliquant, comme le groupe SOS qui doit \u00eatre mis face \u00e0 son hypocrisie : non, on n'agit pas pour \"le vivre ensemble\" et \"au profit de tous\" quand on fait son business sur l'enfermement, et qu'on participe \u00e0 enfermer des personnes venues demander l'asile. " ,
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Thèmes :
Lutte des migrant·es et sans-papiers, antiracisme politique, décolonisation
Type d'événement :
Rassemblement
Quand ?
Cet événement est passé
Jeudi 2 juillet de 17h00 à 20h00,
Où ?
Siège SOS Solidarités
102C, rue Amelot, 75011, Paris
#PacteAsileImmigration
#RèglementRetour
Il y a quelques jours, la droite et l’extrême-droite du Parlement européen scandaient "Send them back" (« Renvoyez-les ») après avoir voté l’application du Règlement retour et du Pacte européen sur l’asile et la migration. Ces lois vont rendre possible l’enfermement toujours plus long de milliers de personnes aux frontières de l’UE, leur déportation vers des prisons dans des pays qu’elles ne connaissent pas, et les perquisitions de police dans les domiciles et lieux d’accueil. Nous refusons de laisser l’équivalent de l’ICE s’installer en Europe pour traquer nos voi sin. es, collègues, ami.es.
Nous refusons de laisser les fascistes cracher leur haine et faire leurs lois, décider qui est bienvenu.e et qui ne l’est pas.
Nos dirigeants racistes choisissent de verser des millions à Frontex et à des pays étrangers pour y déporter et enfermer des personnes migrantes (par exemple, l’accord que les Pays-bas sont en train de passer avec l’Ouganda). Tous profitent de la machine à expulser - on compte nos mort.es pendant qu’ils comptent leurs billets.
Ils ne sont pas les seuls. Des entreprises et associations françaises collaborent elles aussi à l’application concrète de ces lois : le cabinet d’architecture A26 construit le centre de rétention (CRA) de Dijon, Air France permet l’expulsion de centaines de personnes chaque année à bord de ses vols. Le Groupe SOS Solidarités, géant du monde associatif qui ne cache pas ses liens avec le gouvernement, a sauté sur l’appel d’offre cherchant une association pour gérer les lieux de privation de liberté à l’aéroport de Roissy. En répondant aux ordres de l’État et en accomplissant son sale boulot, il est responsable de la mise en place des politiques migratoires fascistes que l’État n’aurait autrement pas la capacité d’appliquer.
Nous le répétons : quand on attaque la liberté de circulation, c’est l’ensemble de nos libertés qui sont attaquées. Contre ces lois mortifères, nous lançons une série de mobilisations : collages, créations de réseaux de solidarité contre les rafles, manifestations devant des ambassades, entreprises et associations complices...
Rejoignez-nous pour abattre l’Europe forteresse et renforcer les collectifs de sans-papiers et de mineur.es isolé.es en lutte pour l’égalité des droits.
On vous appelle dès le jeudi 2 juillet à 17h00 pour manifester devant le siège du Groupe SOS au 102C, rue Amelot, 75011 Paris pour exiger son retrait du de l’aéroport de Roissy et faire pression sur toutes les associations et entreprises qui acceptent des appels d’offre. Non aux collabos de la machine à expulser !
Texte sur le groupe SOS :
Le 12 juin, le Pacte Asile et migration est entré en vigueur en France ; dans la foulée, le règlement Retour est adopté quelques jours plus tard. Ces textes contiennent toute une série de mesures racistes marquant un nouveau durcissement des politiques migratoires européennes : enfermement toujours plus long de milliers de personnes aux frontières de l’UE, déportation vers des prisons dans des pays qu’elles ne connaissent pas, et perquisitions de police dans les domiciles et lieux d’accueil.
Ces nouvelles mesures nécessitent non seulement un changement législatif au niveau francais mais aussi le déploiement de moyens permettant l’application de ces lois : sans les cabinets d’architecture comme A26 qui construisent les nouveaux centres de rétention, impossible d’enfermer autant de personnes. Sans Air France qui expulse physiquement les personnes, impossible de déporter les personnes vers les prisons à l’étranger. Sans les associations qui gèrent les hôtels où sont détenues les personnes exilées - le temps que leur demande soit examinée à la frontière -, impossible d’appliquer la procédure de demande d’asile accélérée. En répondant aux ordres de l’État et en accomplissant son sale boulot, ces entreprises et associations francaises sont responsables de la mise en place des politiques migratoires fascistes que l’État n’aurait autrement pas la capacité d’appliquer.
Le Groupe SOS Solidarités n’a pas hésité une seconde avant de répondre à la demande de l’État cherchant une association pour gérer les lieux de privation de liberté à l’aéroport de Roissy.
Qui est le groupe SOS, mandaté par l’État pour gérer l’enfermement des demandeur-ses d’asile à Roissy ?
Malgré un nom qui se veut trompeur, le Groupe SOS n’a rien de solidaire : il s’agit d’une machine dont l’objectif premier est de faire du profit en engloutissant de petites associations en faillite et en répondant à des appels d’offre pour des projets plus dégueulasses les uns que les autres.
A sa tête, Jean-Marc Borello, entrepreneur qui fait carrière et fortune dans l’associatif depuis les années 80 et la fondation d’une association de lutte contre la toxicomanie a Marseille. Aujourd’hui président du Groupe SOS, il se déplace avec un chauffeur et passe ses week-ends dans une propriété appartenant au groupe, avec piscine, jaccuzzi et kangourous.
Le modèle qu’il défend et dont le Groupe SOS est devenu l’emblème : l’économie sociale et solidaire (ESS), une branche qui veut soi-disant concilier activité économique et équité sociale, en faisant de la thune sur le dos des plus précaires. Cet objectif est assumé par Bollero, qui ne cache pas sa volonté d’être en concurrence avec le privé.
D’ou vient cet argent ?
Le groupe est passé de 4000 salariés et 220 établissements en 2010 a 22 500 salariés et 850 structures en 2024, son chiffre d’affaires étant équivalent à 1,26 milliard d’euros en 2023.
Cette croissance résulte d’un système bien rodé : Le Groupe SOS reprend des associations en faillite, remplace l’intégralité de l’administration, nomme de nouveaux directeurs, prend le contrôle de la gestion financière et du développement des activités. En échange d’être sauvée de la faillite, l’association se fait entièrement bouffer par le groupe et doit même lui verser 3 à 4% de son budget. Certaines associations annoncent que seules les missions lucratives sont maintenues, au détriment de l’objectif initial. À cela s’ajoute la dégradation des conditions de travail, notamment dénoncée par un envahissement du siège du Groupe SOS lors d’une grève des travailleurs sociaux en 2018.
Quand une structure rejoint le Groupe SOS, elle apporte avec elle son patrimoine immobilier, c’est d’ailleurs une des conditions pour pouvoir être reprise. En 2023, le groupe était propriétaire de 650 000 mètres carrés valorisés à 800 millions d’euros. L’immobilier appartient à "Alterna", une structure créée en 1995 dans l’objectif de gérer l’immobilier, qui vend aussi des biens dont elle n’a plus l’usage. Les membres du cercle proche de Borello peuvent eux aussi en profiter : en 2018 Le Monde faisait état d’appartements parisiens vendus a prix largement inférieurs à ceux du marché à des cadres du groupe.
Au sein du groupe existent aussi d’autres branches lucratives, comme l’entreprise d’insertion Even IT, des entreprises de commerce équitable (Alter Mundi), une filiale d’investissement (SOS Participation) et une branche de conseil auprès des acteurs publics (SOS Consulting).
Et puis c’est bien sûr en repondant à des appels d’offres publics ou à des demandes directes de l’État que le Groupe SOS se remplit les poches. Prises en charge de personnes radicalisées, media training de politiques, gestion d’hôpitaux et d’EPHAD, etc.
Il participe aussi à la politique raciste du gouvernement en agissant dans les centres de rétention administrative (CRA) via son association Assfam en travaillant main dans la main avec l’État dans la gestion d’une multitude de structures d’hébergements des migrants.
Le Groupe SOS gère ainsi des places en dispositifs pérennes ou d’urgence dédiés aux migrant.es : il gère 12 centres d’accueil de demandeurs et demandeuses d’asile (CADA), 10 centres d’hébergement d’urgence pour migrant.es (CHUM) et centres d’accueil et d’orientation (CAO), ainsi que des centres provisoires d’hébergement et des hébergements dédiés à l’accueil des mineur.es non accompagné.es... le tout dans le cadre de plans gouvernementaux et sous l’égide de l’État.
Le Groupe SOS s’est aussi spécialisé dans l’enfermement des jeunes puisqu’il gère des centres éducatifs fermés (CEF) et centres éducatifs renforcés (CER). Ces antichambres de la prison, à mi-chemin entre le foyer et la taule, sont présentées par l’État comme une alternative à l’incarcération.
La quantité d’appels d’offres remportés s’explique par les liens étroits entre le gouvernement et les cadres du Groupe SOS. C’est Jean-Marc Borello, qui, alors qu’il était professeur à Sciences Po, a préparé Macron à son concours de l’ENA. Une faveur qui lui a été rendue par la suite. Il a participé au programme de 2017 d’En Marche, en 2018, présidait la commission chargée de choisir les candidats pour les élections européennes, et a fait partie du comité pour préparer la présidentielle de 2022.
Par ailleurs, l’association sert souvent de tremplin pour intégrer les lieux de pouvoir par la suite : l’ancien vice-président de l’association à été nommé conseiller spécial pour l’économie sociale et solidaire auprès de la Commission européenne, un autre membre de la direction a quant à lui dirigé une association créée par le cabinet de conseil McKinsey puis est devenu conseiller au ministère du Travail.
Il n’est donc pas étonnant que l’association ait été choisie pour gérer les lieux de privation de liberté à l’aéroport de Roissy dans le cadre de la mise en place de la nouvelle procédure d’asile à la frontière qui prévoit l’enfermement des demandeur-ses d’asile jusqu’à 12 semaines pendant l’examen de leur demande.
Non, le Groupe SOS ne veille pas au respect des "conditions dignes" comme le prétend la directrice générale. Au contraire, il accomplit un travail sans lequel les politiques migratoires européennes ne pourraient pas etre mises en place.
Pour lutter contre les lois racistes et répressives de l’Union Européenne, luttons contre les acteurs qui se font de l’argent en les appliquant, comme le groupe SOS qui doit être mis face à son hypocrisie : non, on n’agit pas pour "le vivre ensemble" et "au profit de tous" quand on fait son business sur l’enfermement, et qu’on participe à enfermer des personnes venues demander l’asile.