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Rencontre-débat : "Racismes d’État, États racistes, Une brève histoire" d’Olivier Le Cour Grandmaison

Thèmes :
Lutte des migrant·es et sans-papiers, antiracisme politique, décolonisation Surveillance, répression, libertés, technopolice

Type d'événement :
Réunion publique

Quand ?
Le 22 juin de 16h30 à 19h30,

Où ?
Librairie Le Monde libertaire - Publico
145 Rue Amelot 75011 Paris

Samedi 22 juin | 16h30| à l’initiative de l’émission « Chroniques rebelles » de Radio Libertaire

« Racismes d’État, xénophobie institutionnelle ou de même nature, discriminations systémiques engendrées par des politiques publiques ou favorisées par l’absence de prise en compte de leur gravité, ce sont là nos objets. »

Depuis un certain nombre d’années, les procès en communautarisme puis en séparatisme se sont multipliés. Procès intentés non plus seulement par les extrêmes droites mais aussi par des responsables politiques soi-disant modérés et des intellectuels pour disqualifier les études consacrées aux discriminations systémiques. En République, grâce au principe d’égalité, le racisme ne saurait concerner les institutions : prétendre le contraire témoignerait d’outrances inacceptables car dangereuses pour l’unité nationale.

L’offensive a pris une telle ampleur qu’il fallait y apporter des réponses précises. Cet ouvrage retrace, entre autres, la genèse de deux concepts - ceux de racisme d’État et d’État raciste - dont il définit aussi les strictes conditions d’application. Soutenir, par exemple, que la xénophobie d’État affecte gravement certaines populations ne revient pas à comparer la France d’aujourd’hui à l’Afrique du Sud de l’apartheid. S’il est nécessaire de se garder de comparaisons hâtives, il est plus que jamais indispensable d’analyser les pratiques réelles, passées et présentes, des régimes dits démocratiques. Il en va de l’efficacité du combat contre tous les racismes et la xénophobie

En introduction de l’ouvrage est rappelée la plainte de Jean-Michel Blanquer contre le syndicat Sud ayant osé mettre en lumière et en débat le « racisme d’État » au cours d’un stage syndical. Si la plainte a été jugée irrecevable par le Tribunal de Bobigny, le 7 février 2018, cela n’a pas freiné pour autant l’indignation qui a suivi à l’encontre du syndicat Sud et d’une « gauche dévoyée », indignation relayée par de nombreuses personnalités politiques, médiatiques et académiques. Un débat considéré comme une atteinte à la « mythologie nationale » !

Ces réactions illustrent bien, comme le souligne Olivier Le Cour Grandmaison, « l’involution de la situation politique et la dégradation significative des conditions indispensables au bon déroulement des débats. » Pour preuve, les « procès intentés non plus seulement par les extrêmes droites mais aussi par des intellectuels et des responsables politiques soi-disant modérés pour disqualifier les études consacrées aux discriminations systémiques. » Menace non déguisée vis-à-vis de celles et ceux qui auraient une perspective différente, une autre analyse des tendances actuelles sociales et politiques. « Apporter des réponses précises » à une offensive généralisée, c’est ce que propose l’ouvrage d’Olivier Le Cour Grandmaison.

Olivier Le Cour Grandmaison enseigne les sciences politiques et la philosophie politique à l’université Paris-Saclay-Évry-Val d’Essonne. Il est l’auteur, notamment, de "Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’État colonial" (Fayard, 2005), "La République impériale. Politique et racisme d’État" (Fayard, 2009), "De l’indigénat. Anatomie d’un « monstre » juridique : le droit colonial en Algérie et dans l’Empire français" (Zones/La Découverte, 2010), "L’Empire des hygiénistes. Vivre aux colonies" (Fayard, 2014) et "« Ennemis mortels ». Représentations de l’islam et politiques musulmanes en France à l’époque coloniale" (La Découverte, 2019).

Olivier Le Cour Grandmaison sera reçu pour présenter ce livre dans l’émissions Chroniques rebelles de Radio Libertaire, le samedi 15 juin à 13h30.