Discussion - Discipline quand tu nous tiens
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"name": "Discussion : Discipline quand tu nous tiens" ,
"description": "https:\/\/www.agendamilitant.org\/Discussion-Discipline-quand-tu-nous-tiens.html \n\nSuite \u00e0 un groupe de lecture sur \"Surveiller et punir\" de Foucault qui aura lieu durant ce programme, on se propose de r\u00e9fl\u00e9chir aux implications politiques de ce qu'est la discipline dans notre situation contemporaine. \n\nQue signifie l'\u00e9mancipation \u00e0 l'aune d'un ordre politique dont la capacit\u00e9 d'int\u00e9gration, de digestion et de recyclage de « ses » \u00e9l\u00e9ments r\u00e9calcitrants n'a jamais \u00e9t\u00e9 aussi forte ? Comment parvenir \u00e0 faire rupture avec l'existant lorsque celui-ci pr\u00e9tend int\u00e9rioriser cette possibilit\u00e9 m\u00eame ? En t\u00e9moigne actuellement la confusion permanente qui s'op\u00e8re entre des postures \u00e9tiquet\u00e9es ou proclam\u00e9es « radicales » et leur r\u00e9alit\u00e9 en actes qui se traduit par un manque cruel d'engagement politique au nom d'un lib\u00e9ralisme social-d\u00e9mocrate o\u00f9 l'on pr\u00e9tend pouvoir tout \u00eatre \u00e0 la fois : vont alors bon train les contradictions patentes o\u00f9 l'on dit qu'il n'est pas contradictoire de voter et d'\u00eatre anarchiste ; qu'il n'est pas contradictoire d'\u00eatre libertaire, autonome ou r\u00e9volutionnaire, et de flirter avec la gauche, etc. \n\nOn peut garder tous les possibles \u00e0 la fois, et apparemment c'est cela \u00eatre radical. Cette soi-disant radicalit\u00e9 d\u00e9signe alors le caract\u00e8re illimit\u00e9 de cette totalit\u00e9 de possibles virtuels tous d\u00e9j\u00e0 acquis de mani\u00e8re tr\u00e8s discursive, l\u00e0 o\u00f9 elle devrait d\u00e9signer au contraire une limite inatteignable pour l'existant, un au-del\u00e0 de l'horizon et non pas une collection de lignes de fuite en trompe-l'oeil. Il appara\u00eet par ailleurs que le pendant de cette radicalit\u00e9 pens\u00e9e comme mosa\u00efque id\u00e9ale est une tendance \u00e0 confiner l'action et la pratique concr\u00e8te \u00e0 des questions purement techniques et strat\u00e9giques qui toutes r\u00e9pondent \u00e0 la seule question de l'efficacit\u00e9 : « Comment donner \u00e0 nos actions un maximum d'effet ? », pinacle des pr\u00e9occupations disciplinaires, lesquelles ont initialement vu le jour dans le giron de l'arm\u00e9e et de ses exercices de d\u00e9placement collectif. Il est manifestement tr\u00e8s difficile de faire rupture de nos jours, et l'omnipr\u00e9sence de la discipline n'y est pas pour rien : parce que la discipline, ce n'est rien d'autre que l'exact inverse de l'autonomie. \n\nC'est d\u00e9cupler ses possibilit\u00e9s, son intelligence et ses ressources d'autant plus qu'on s'assujettit profond\u00e9ment \u00e0 cela m\u00eame qui va nous structurer, et par l\u00e0 \u00e9puiser tous nos potentiels alors qu'on ext\u00e9riorise dans une structure, une institution, une norme sociale, le principe m\u00eame qui nous donne forme. \n\nCet assujettissement profond qui occulte toute perspective potentiellement et r\u00e9ellement r\u00e9volutionnaire a pour corollaire de donner la possibilit\u00e9 de manger \u00e0 tous les rateliers. Il y a l\u00e0 comme une loi de proportionnalit\u00e9 qui s'observe : plus on abandonne au monde et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 nos moyens d'\u00eatre et de lutter, plus nos possibilit\u00e9s fleurissent, d\u00e9corr\u00e9l\u00e9es des r\u00e9els dommages qu'elles pourraient infliger ; \u00e0 l'inverse, s'engager r\u00e9ellement, c'est n\u00e9cessairement refuser de se garder des possibilit\u00e9 de par exemple faire carri\u00e8re, la possibilit\u00e9 de s'am\u00e9nager un petit futur mondain, de se garder un back-up plan par s\u00e9curit\u00e9, et parier sur les potentiels inconnus de l'avenir. En outre, on pourra se demander comment comprendre la diff\u00e9rence entre auto-discipline et autonomie, puisque cette derni\u00e8re est souvent \u00e0 notre \u00e9poque associ\u00e9e \u00e0 de la ma\u00eetrise et \u00e0 du contr\u00f4le de soi et des autres ? Voir aussi Les fleurs arctiques " ,
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Thèmes :
Autre
Type d'événement :
Réunion publique
Quand ?
Le 12 décembre à 19h30,
Où ?
Les Fleurs arctiques
45, rue du Pré Saint-Gervais 75019 Paris
Suite à un groupe de lecture sur "Surveiller et punir" de Foucault qui aura lieu durant ce programme, on se propose de réfléchir aux implications politiques de ce qu’est la discipline dans notre situation contemporaine.
Que signifie l’émancipation à l’aune d’un ordre politique dont la capacité d’intégration, de digestion et de recyclage de « ses » éléments récalcitrants n’a jamais été aussi forte ? Comment parvenir à faire rupture avec l’existant lorsque celui-ci prétend intérioriser cette possibilité même ? En témoigne actuellement la confusion permanente qui s’opère entre des postures étiquetées ou proclamées « radicales » et leur réalité en actes qui se traduit par un manque cruel d’engagement politique au nom d’un libéralisme social-démocrate où l’on prétend pouvoir tout être à la fois : vont alors bon train les contradictions patentes où l’on dit qu’il n’est pas contradictoire de voter et d’être anarchiste ; qu’il n’est pas contradictoire d’être libertaire, autonome ou révolutionnaire, et de flirter avec la gauche, etc.
On peut garder tous les possibles à la fois, et apparemment c’est cela être radical. Cette soi-disant radicalité désigne alors le caractère illimité de cette totalité de possibles virtuels tous déjà acquis de manière très discursive, là où elle devrait désigner au contraire une limite inatteignable pour l’existant, un au-delà de l’horizon et non pas une collection de lignes de fuite en trompe-l’oeil. Il apparaît par ailleurs que le pendant de cette radicalité pensée comme mosaïque idéale est une tendance à confiner l’action et la pratique concrète à des questions purement techniques et stratégiques qui toutes répondent à la seule question de l’efficacité : « Comment donner à nos actions un maximum d’effet ? », pinacle des préoccupations disciplinaires, lesquelles ont initialement vu le jour dans le giron de l’armée et de ses exercices de déplacement collectif. Il est manifestement très difficile de faire rupture de nos jours, et l’omniprésence de la discipline n’y est pas pour rien : parce que la discipline, ce n’est rien d’autre que l’exact inverse de l’autonomie.
C’est décupler ses possibilités, son intelligence et ses ressources d’autant plus qu’on s’assujettit profondément à cela même qui va nous structurer, et par là épuiser tous nos potentiels alors qu’on extériorise dans une structure, une institution, une norme sociale, le principe même qui nous donne forme.
Cet assujettissement profond qui occulte toute perspective potentiellement et réellement révolutionnaire a pour corollaire de donner la possibilité de manger à tous les rateliers. Il y a là comme une loi de proportionnalité qui s’observe : plus on abandonne au monde et à la société nos moyens d’être et de lutter, plus nos possibilités fleurissent, décorrélées des réels dommages qu’elles pourraient infliger ; à l’inverse, s’engager réellement, c’est nécessairement refuser de se garder des possibilité de par exemple faire carrière, la possibilité de s’aménager un petit futur mondain, de se garder un back-up plan par sécurité, et parier sur les potentiels inconnus de l’avenir. En outre, on pourra se demander comment comprendre la différence entre auto-discipline et autonomie, puisque cette dernière est souvent à notre époque associée à de la maîtrise et à du contrôle de soi et des autres ?